LA CHANOINESSE , FLORINE
FLORiNE, très-soucieuse.
Qu'est-ce qu'il a? il paraît bien pressé...
LA CHANOIXESSE.
Oui, pressé de me fuir... Il m'a reconnue, je pense... il m'a raillée, humiliée... mais, peu m'importe, il gardera le secret.... J'ai sa parole, et elle est sûre... Mon honneur est sauvé!... FLORiXE, lui prenant les mains avec tristesse.
Ma pauvre Antonia!...
LA CHANOINESSE
Qu'est-ce donc?... ta main tremble.
FLORlNE.
Tu as oublié... le plus dangereux des trois.
LA CHA>'01XESSE.
M. de Fronsac?
FLORINE
En revenant de chez Marie, je l'ai rencontré dans le jardin... ïu connais l'homme : c'est la caricature grossière et brutale de son père... un roué de la pire espèce... sans âme... sans générosité... Il est furieux de l'affront que tu lui as valu la nuit passée, et si tu refuses de l'accompagner ce soir au bal... il sait qui tu es maintenant... il est décidé à te perdre.
LA CHANOINESSE
0 Dieu !
FLORlNE.
Oui , à te perdre lâchement , et je sais que rien ne l'en empêchera... rien... Aussi, si j'étais homme... Yois-tu, Antonia, j'ai envie de tout dire a René.
LA CHANOINESSE
Garde-t'en bien , oh ! garde-t'en bien ! j'aime mieux le déshonneur !
FLORlNE.
Mais, le misérable va venir, l'insulte et la menace sur les lèvres., . et (on entend de gros rire au dehors), qui vipnt là ?
SÔ LA \1EILLESSE DE MCHELIEU.