SCÈNE ïl
GEORGINE
C'est qu'elle avait affaire...
FRANÇOIS, à Georgine.
Ce n'est pas à toi que je parle... {A Maris.) Et d'où vienstu?...
»ABIE.
Mais... je viens... de...
GEORGINE
De porter notre ouvrage au magasin...
MARIE
Oui... oui... voilà... {Elle se remet un peu.)
FRANÇOIS
Ah!... tu y es restée assez longtemps, au magasin...
On Taura fait attendre...
MARIE
C'est vrai.
FRANÇOIS
C'est pour ça que tu es encore en nage...
MARIE
Je me suis tant hâtée.
FRANÇOIS
Et tes souliers couverts dépoussière...
MARIE, à part.
Oh ! je n'y ai pas pensé...
GEORGINE
Elle aura pris les boulevards, où il n'en manque pas, de la poussière... depuis le macadam... j'en avais bien plus que ca l'autre jour...
FRANÇOIS, à Georgine.
Je ne te demande pas ce que tu as, toi... Oh! quand deux femmes s'entendent...
MARIE
Nous entendre!... Et pourquoi, mon ami, si ce n'est pour travailler du matin au soir?...
GEORGINE
Pour faire aller la maison, parce qu'il plait à monsieur de ne plus rien faire...
MARIE, à Georgine.
Ce n'est pas vrai, n'est-ce pas?... On doit de tous les côté^... Il n'y a plus le sou ici... mais ça lui est bien égal, à ce sanscœur-là!...
* François, Georgine, Marie.
FUARCOiS.
Georgine!...
MARIE, a Georgine.
Oh! tais-toi!... tais-toi!...
GEORGINE
Non... laisse-moi, à la fin !... Ne dis rien si tu veux... tu es sa femme, toi... mais, Dieu merci, je ne suis ni la sienne, ni celle d'un autre... Ah ! si j'étais ta lemme... je t'en ferais trouver, moi, de l'ouvrage!...
FRANÇOIS
Eh bien!... je vais en chercher...
MARIE
Tu sors?...
FRANÇOIS
Ça vaut encore mieux que d'entendre piailler des femmes... {Il se dirige vers la porte.)
MARTE
François... tu ne m'embrasses pas?... [François sort.) SCÈNE III.