LES MÊMES, FRANÇOIS
FRANÇOIS, il entre en poussant la porte brusquement. — lia unô pointe d'ivresse qui se trahit au commencenient de la scènc\ mais qui se dissipe bientôt.
C'est bon!... si on me demande je le verrai bien...
MARic, allant vivement à lui. *** François... mon parrain... tiens-toi!...
' Georgine, Tliouvcnel, Marie.
** Georgine, Marie, Thouvenel.
*■• OeorgiDC; Marie, Franjois, Thguveoçl.
SCEINE VJII. 17
FRANÇOIS
Oh! M. Thouvenel!...
TIIOUVENBL.
Te voilà, mon garçon?...
FRANÇOIS
Oui... oui... monsieur Thouvenel...
MARIE, à part.
Mon Dieu!... s'il s'aperçoit...
FRANÇOIS
Ça va bien, monsieur Thouvenel...
MARIE, bas à François.
Ne parle pas...
FRANÇOIS, à demi-voix à Marie, Fiche-moi la paix , toi !
THOUVENEL
Mais regarde-moi donc un peu... Tu as les yeux... si je ne te connaissais pas aussi bien, je croirais, parbleu ! que tu sors de chez le marchand de vin.
MARIE, à part.
Oh!...
FRANÇOIS
J'vais vous expliquer, monsieur Thouvenel...
MARIE
Voilà ce que c'est, parrain... Un ami qui est venu le chercher tout à l'heure... pour de l'ouvrage... comme je vous disais... et, vous savez... les ouvriers... ça cause d'affaires chez le marchand de vin... et François a si peu l'habitude... qu'il lui sufiit d'un verre...
FRANÇOIS
Un verre... oui... voilà la chose... Un verre...
GEORGiNE, à part. Et le reste... Ah! si j'étais sa femme!...
THOUVENEL
Je suis comme ça aussi... un verre de vin à jeun..» Ah ! ça...
tu chômes donc en ce moment?
FRANÇOIS
Ah! on vous a dit...
MARIE
Oui... j'ai dit à monsieur Thouvenel que depuis quelques jours tu te reposais un peu... Il a tant travaillé ce pauvre François!...
THOUVENEL
Tant mieux !... cela te donnera le temps de réfléchir à ce que je viens te proposer.
• Georgine, François, Marie, Thouvenel.
FKA-NÇOiS.
Ah ! vous venez me proposer quelque chose?...
THOUVE.NEL.*
Oui, mes enfants... Je vous dirai bien franchement que,
depuis que j'ai quitté lesafïaires, je m'ennuie...
MARIE
Vous qui êtes si riche !...
TIIOUVENEL.
Riche!... riche!... ça n'empêche pas de s'ennuyer... au contraire... J'ai bien essayé de cha.-ser, de pêcher à'ia ligne... de me faire nommer représentant... Il y a des gens que ça amuse...
Air de Madame Favart.
Comme eux orateur à faconde
Ou pécheur, la ligne à la main, On me voyait amorcer à la ronde, Comptant toujours sur un succès prochain; Je promettais des réformes complètes, Je prodiguais mon appât au poisson j
!\Jais goujons, électeurs, ablettes,
Rien ne mordait à Pliameçon, Les électeurs, pas plus que les ablettes,
ÎS'ont voulu mordre à l'hameçon.
TIIOUVENEL.
Ah! l'état de rentier est fatigant!... aussi, je veux me remettre dans les affaires.
MARIE
Vous?
TI10LVE5EL.
Oui... je vais monter une nouvelle fabrique... et comme j'ai besoin, pour me seconder, d'un homme actif, intelligent, laborieux, j'ai pensé à François.
MARIE ET GEORGIN'E.
Quel bonheur!
FRANÇOIS
A moi. . c'est que...
MARII^.
Merci, mon parrain.
GEORGiNE, bas à François.
En voilà du travail... J'espère que tu ne vas pas refuser, cette
fois.
* Georgine, Fiançoi?, Thouvenel, Marie.