SCÈNE X
THOUVENEL, la fuisaid asseoir S uv ses genoux. Comme je t'appelais autrefois... tu te souviens, quand j'avais quelque petit sermon à te faire.
MARIE
Oui, mon parrain.
THOUVENEL
Dis-moi, mon enfant... pour un jour comme celui-ci, vous ne me paraissez pas d'une gaîlé étourdissante... Est-ce qu'il y aurait des papillons noirs d'ans le ménage?
MARIE
Ohl du tout!...
THOUVENEL
Bien sûr?..
MARIE
Oh! oui... parrain... bien sur... Vous avez peut-être trouvé François préoccupé?...
THOUVENEL
Oui...
MARIE
Oh! je vais vous dire... Il ne m'en a jamais parlé... mais je crois avoir deviné... parce que moi aussi, ça me fait quelquefois bien de la peine...
inOUVENEL.
A toi... quoi donc?
MARIE
Vous ne devinez pas...
THOUVEMEL,
Moi?... mais non...
MARIE
Dame!... mon parrain.
Air : Haine aux femmes.
Bien que François, par sa lendiesse.
Assure aujourd'hui mon bonheur, Souvent je sens avec tristesse Qu'il manque un amour à mou cœur.
THOUVFNEL.
Ud amour i... Tais-toi je t'en prie...
MARIE, 56 levant.
Oh ! mon parrain, rassurez-vous...
Il ne troublerait pas ma vie, Non, car cet amour que j'envie, Est le seul dont un époux
Ne se montre jamais jaloux.
De cet amour-là, voyez-vous, Jamais un mari n'est jaloux.
Rien que nous deux... après deux ans de mariage... c'est triste.
THOUVENEL
Ah! c'est là... vous avez parbleu bien le temps d'avoir de la famille.
MARIE
Non, mon parrain...
THOUVE.NEL.
Non... Et que dirais-tu donc si tu étais à ma place... Moi qui, pendant vingt-cinq ans, n'ai pas pu obtenir de madame Thouvenel... Il abien fallu en prendre notre parti... et, comme elle le disait elle-même dans ses jours de bonne humeur... « Quand on n'a rien à se reprocher... )> — Et pourtant, j'aurais été trèsheureux d'avoir un enfant... un fils surtout... Aujourd'hui il serait en âge de faire des dettes... de me manger mon argent... 11 me ferait faire un mauvais sang de tous les diables... ça m'occuperait... j'aimerais cela...
Là... voyez-vous...
THOUVENEL
Oui... mais toi et moi c'est bien différent...
MARIE
Et puis je l'aimerais tant!... et François aussi... Ce n'est que ça qui le préoccupe...
THOUVENEL
Tu crois?,..
MARIE
Certainement... Je l'ai entendu plusieurs fois la nuit dire en rêvant .- « Un enfant!., un enfant!... » et quand il se réveillait en sursaut, il était agité... Une fois même, il pleurait...
THOUVENEL
Vraiment... Au fait, il y a des gens que ça a rendu trèsmalheureux... Tiens, Napoléon., le grand Napoléon...
MARIE
Aussi, pour rendre le bonheur à François... J'ai un projet...
THOUVENEL, à part, riant.
Parbleu! son projet... c'est...
MARIE
Je vais vous le confier... car j'ai compté sur vous pour m'aider...
THOUVENEL, à part.
Comment, pour l'aider...
SCÈiNE XII. 27
Vous savez qu'il y a dans le monde beaucoup de ces piuvres petits êtres que leurs parents n'osent avouer et qui se trouvent seuls... abandonnés...
THODVENEL.
Oui... voilà comme ça est... les uns ne veulent pas de ce qu'ils ont... tandis que les autres... enfin...
MARIE
Eh bien !... j'avais songea faire adopter à François...
THOUVENEL
Oh! quelle idée !...
MARIE
11 en serait bien heureux... et moi aussi...
THOUVENEL
Tu crois? Et lui as-tu déjà parlé de ton projet?
MARIE
Non... Je ne Tai pas osé jusqu'à ce moment...
THOUVENEL
Osé! puisque tu dis...
MARIE
Oui, sans doute... mais c'est que vous ne savez pas tout...
THOUVENEL
Tout... mais qu'y a-t-il donc?
MARIE, irès-émue. Ah!... tenez, mon parrain, ce secret m'étouffe... et puis... à vous...
THOUVENEL
Parle, mon enfant... parle bien vite...
MARIE
Pauvre François !... Eh bien !... Oh ! non... je sens que je ne pourrai jamais.*..
THOUVENEL
Tu m'efTraies... parle... je t'en prie...
MARIE
Je n'en ai pas le courage... plus tard, mon p;irrain.., {entendant la voix de Georgine.) Georgine!... Plus tard!