ACTE V, SCENE IV
Qu'en dit-elle ?
AUBEKTIN.
Vous n'avez jamais vu un désespoir pareil... la pauvre dame avait assez de chagrin sans celui-là, monsieur.
MORANDAL.
Oh! mon Dieu! elle peut racheter Grantier si cela lui fait plaisir .
AUBERTIN
Vous savez bien, colonel, qti'elle ne possède rien.
MORANDAL luï doiincnt la déclaration de Jacinthe. Allons donc 1 lisez.
AUBERTIN
Un trésor caché ici I Et trouvé ici î Serait-il possible ?
MORANDAL.
AUBERTIN
MORANDAL.
Tenez... (Il lui montre les cent mille francs.) Il y avait deux cent raille francs. Comme propriétaire, nécessairement, je garde ma part. Voilà celle Je M'"^ de GraiMer. Emportez, docteur... et qu'elle rachète la maison si elle veut. J'en suis si dégoûté, que je la lui donnerais pour quatre-vingt mille francs, si elle marchandait.
AUBERTIN
Ahl monsieur l
MORANDAL. [Il lui dotinc l'argent.) Emportez 1 emportez! joignez-y la déclaration de Jacinthe ; faisons les choses en règle.
AUBERTIN
Que ne peut-on réparer ainsi tous les malheurs que cette maison a vus éclore I Vous avez été bien sévère, monsieur, pour cette pauvre Thérèse.
MORANDAL.
Vous trouvez! parce que j'ai fait enlever son enfant de chez la nourrice, et qu'on l'a amené ici! Mais, docteur, ^1"°° Morandal avait oublié une chose : c'esL qu'elle est ma femme jusqu'à nouvel ordre, et qu'elle n'avait pas le droit de quitter ma maison ! Je n'ai qu'un moyen de le lui faire comprendre : je l'emploie.
AUBERTIN
Ah I monsieur, ne vous irritçz pas ; si la pauyre femme a
commis une grande faute, l'expiation est bien cruelle 1... Voir
sa mère sans abri, sans pain, aux prises avec cette immense douleur!... Soyez généreux, monsieur, comme autrefois... J'ose TOUS en supplier !
MORANDAL, fort émU.
Cest bien, monsieur ; c'est bien.
ACBERTIN.
Et quand la malheureuse Thérèse va venir vous redemander son enfant. . . par pitié !. . .
MORANBAL.
Je sais ce que j'ai à faire, docteur. . . Vous croyez qu'elle va venir ?. . .