‹ ThéâtreChapitre 433 sur 462 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les Mêmes, UN l'OVIESTIQUE.

Mor.AKDAL, au domestique qui entre. Que veux-tu, toi ? on ne t'a pas appelé.

LE DOMESTIQUE

Un billet fort pressé , monsieur , et que je n'ai pu refuser de vous remettre , tant la personne qui l'apporte a insisté pour qu'il vous fiit rendu, a vous seul.

MORANDiVL.

Que me veut-on?

LE DOMESTIQUE

Une minute d'entretien à la petite porte du parc, avec un de vos anciens compagnons d'armes.

MORANDAL.

Voyons I [Reconnaissant l'écriture.) Ah I

THÉRÈSE

Qu'avez-vous?

MORANDAL, atterré.

Rien, mon Dieu I

THÉRÈSE

Vous êtes pâle, vous tremblez !

MORANDAL, sc remettant.

Non, madame... non... j'ai rôvé! {Lisant le billet.) « Un mal- » heureux, que Dieu a sauvé par un miracle, et qui va quitter à n jamais la France, ne voudrait pas s'éloigner sans embrasser » son enfant, qu'il ne doit pas revoir. Mort pour tout le monde, » il vous conjure de lui accorder cette grâce... ensuite, oubliez- » le... il no vous oubliera pas... Si dans un quart dheure vous » ne m'avez pas répondu , je comprendrai votre silence et m'é- » loigncrai pour toujours sans vous accuser. » Quel réveil I

LE DOMESTIQUE

Eh bien ? monsieur... (iV/ora?irffl?, après un combat doulou" rcux, s approche de la table, écrit rapidement nn mot sur le billet même de Marcellin, et le donne au domestique^ qui disparaît j puis il tombe accablé sur une chaise,)

THÉr.ÈsE, à .MorandaL Qu'y a-t-il donc?.. .

MORANDAL.

11 y a, madame, que... que, tout à l'heure, je vous ai dit mille choses qu'il faut, je vous en prie, ne pas prendre au sérieux... Je vous proposais de continuer à porter mon nom, c'est impossible 1. .. Oublions tout cela, et mettez votre nom au bas de cet acte, comme j'y mets le mien.

THÉRÈSE

Une demande en divorce... mais vous me disiez à l'instant...

MORANDAL.

Oh ! si vous saviez comme on se laisse aller h des espérances insensées... la raison les guérit bien vite ; j'oubliais, vous dis-je, je pardonnais, non, liOn!... l'offense qui a blessé le cœur ne se pardonne jamais!... Cette amitié que j'acceptais de vous m'eût été un outrage, comparée a l'anjour que vous avez encore pour un autre. Signez, madame, signez!

THÉRÈSE

L'amour que jai pour un mort !

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