‹ ThéâtreChapitre 102 sur 290 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

AIADELOX. seule, apportant une cnnne. une paire de lunettes et une perruque.

Ah ! monsieur Benoît, c'est demain votre fête, et vous ne m'en disiez rien !... Heureusement on connaît son almanach, et on y voit que c'est aujourd'hui la veille de la Saint-Boniface ; mais y n'faut pas l'y en vouloir à c'pauvre cher homme !... Comme depuis dix ans que j'suis à son service, j'nons jamais manqué d'I'y faire un cadeau, à sa fête, il a peur que je ne fasse encore quelques bêtises cette année-ci, et il tâche, pour épargner ma bourse, de laisser passer ça sous silence... Mais, bernique, mon cœur a mis le doigt dessus, et on refait toujours ce qu'on a eu du plaisir à faire.

Air du vaudeville D'Angélique et Melcourt.

Quoiqu'vous ayez cru, m'sieu Benoit, Mettre en défaut notre mémoire, j" viens, pour vous faire marcher droit, D'ach'ter c'tte canne à pomme d'ivoire;

Puis pour cacher vos ch'veux tout blancs, Cette perruque des mieux faites; Et pour vous rend'vos yeux d'quinze ans, Cette paire de lunettes.

G'tapendant, pour ne pas l'contrarier, laissons-l'y croire que je n'savons rien, et nTy donnons tout ça qu'au dernier moment. Mais pourquoi donc que lui, qui ne sort jamais sans me dire : « Madelon, je m'en vas; si quelqu'un vient, tu lui diras que je rentrerai à deux heures pour dîner; » pourquoi donc que ce matin il a sorti en sournois, sans seulement m'appeler pour l'y mettre sa cravate, et le brosser, comme il fait toujours? C'est ci ou c'est ça ; mais à c'tt'heure. ça ne peut être ni l'un ni l'autre. Où donc qu'il est

allé? (On entend Benoit dans la coulisse fredonner l'air: « Eh! non,

non, non. ») Mais j'vas l'savoir, car le voici. Cachons vite tout ça queu'part.

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