‹ ThéâtreChapitre 123 sur 290 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Non, ça le prend tout à coup, et ça le quitte de même.., le temps seulement de couper une oreille, et la tête tournée, il n'y pense plus.

VINCENT

Et en a-t-il déjà beaucoup coupé ?

MADELON

Queuqu's-unes, mais pas encore trop.

VINCENT

Dis-moi donc à quoi que tu reconnais...

MADELON

D'abord à son teint qui devient rouge comme un soleil, à ses yeux qui devenont brillants comme des étoiles, et puis à sa manière d'raiguiser les couteaux en vous regardant d'un air... Vous l' verrez assez vous-même, allez.

VINCENT

Ah ! il aiguise...

MADELON, prenant deux couteaux.

Oui, dès que vous le verrez faire comme ça, cric,

Crac, Cric, Crac, (Elle fait mine d'aiguiser les couteaux.) gagnez

vite la porte, ou sinon...

VINCENT

Ma foi, toute réflexion faite, j'ai envie...

MADELON

De le laisser diner seul, pas vrai ? je vous le conseille, quitte à revenir après l'accès.

VINCENT

Oui, mais ces truffes ?

MADELON

Oui, mais vos oreilles ?

VINCENT

C'est vrai.

MADELON

Il faut qu'il coupe, d'abord, et dans ce moment-l;'t le dindon et vous ce serait la même chose.

VINCENT

Tu as raison, et décidément je me sauve.

MADELON, à part.

Bon, je dinerai. (On entend Benoit chanter.) VINCENT.

Il n'est plus temps.

MADELON, à part.

Je ne dînerai pas.

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