‹ ThéâtreChapitre 129 sur 290 · LE COMMISSIONS VIRE · texte numérisé non relu

LE COMMISSIONS VIRE

C'est une lettre pour vous.

MADELON

Pour moi ? tiens !.. qu"est-ce qu'il te faut pour ça ?

LE COMMISSIONNAIRE

Rien du tout, Mademoiselle, le porc est payé, (n sort.)

BENOIT

Je ne savais pas que tu étais en correspondance.

MADELON

Moi non plus ; mais comme on a oublié de me faire apprendre à lire, voulez-vous avoir la bonté...

BENOIT

Donne-moi... Si pourtant c'était quelque chose... hein ?

MADELON

Allez donc, vous voulez rire ? Lisez toujours.

BENOIT

Va me chercher mes lunettes qui sont sur la table à côté de la fenêtre.

MADELON, à part.

Oh ! la bonne occasion. (Haut.) T'nez, not'maitre, en v'ià une paire qui me tombe sous la main, elle vous ira peut-être ?

Elle est toute neuve. Ah ! Madelon ! Madelon ! je vous avais bien défendu de faire ces folies-là.

MADELON

Au contraire, not'maitre, vous me l'avez ordonné par toutes vos bontés pour moi. Et puis, ce n'est pas tous les jours fête.

BENOIT, les essayant.

C'est qu'elles sont excellentes. Cette pauvre fille ! elle connaît mon numéro. Voyons, (u lit.) « Du corps de garde de la place Royale. » Ah ! on t'écrit d'un corps de garde !

MADELON

Il y a ça ?... Je n'ai pourtant pas de connaissance...

BENOIT, continuant.

« Ma chère Madelon, si l'accès de ton maître est passé... » Si mon accès est passé !

MADELON

Voyons, après ?

BENOIT

c« Dis-lui que je viens d'être arrêté et que je le prie de venir de suite me réclamer. Vincent. » Vincent, quoi c'est Vincent ?

MADELON

Il est arrêté ?

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