‹ ThéâtreChapitre 142 sur 290 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

J'ai fait en cela mon devoir.

Vn voyageur, voisin du logis que j'habite. Avec qui j'eus le tort de me lier trop vite. Un de ces esprits forts, comme on en voit partout, N'approfondissant rien et prononçant sur tout. Pour la vingtième fois, sans lionte et sans scrupules. Attaquait votre sexe, et nommant ridicules L'estime et les égards qui par nous lui sont dus. Proclamait ses défauts et niait ses vertus.

MADAME SAINVILLE

Dans la proscription nous aurait-il comprises?

BLINCOUR.

Autrement, j'aurais pu mépriser ses sottises; Mais l'amitié, l'amour, qu'à ce point on blessait, M'ordonnaient de répondre, et c'est ce que j'ai fait.

MADAME SAINVILLE

Je vous sais gré, Blincour, de cet excès de zèle ; Mais laissez maintenant tomber cette querelle, Promettez-le moi bien ; si vous la poursuiviez. Vous blesseriez mon cœur plus que vous ne croyez.

JENNY, allant à Blincour.

Entendez-vous, Monsieur ?

BLINCOUR, à part.

Gardons-nous de rien dire !

JENNY

A ces conditions vous voudrez bien souscrire... Jamais dorénavant vous ne disputerez., Surtout, Monsieur, jamais vous ne me quitterez.

BLINCOUR.

Jamais.. .A vos côtés je veux passer ma vie.

JENNY

Tu l'entends, maman ?. . .

HLIXCOI'R. regardant à sa montre, et à part.

Ciel! dix heures... et j'oublie Que Sainville m'attend... courons.

Il ->rl précipitamment sans être tu de Jennv qui parle à sa mère.) JE.N.NY.

Qu'il est gentil!

Toujours à mes côtés. (Se retournant.) Eh bien! où donc- Monsieur Blincour ? j~est-il ?

Page 1