SCENE III
LA MARCHANDE DE GATEAUX
Oui chante...
PANTIN
Juste.
LA BOUQUETIÈRE
Eh bien ! si elle trotte toujours depuis que je l'ons vue, elle doit être à présent au bout de l'orangerie.
PANTIN
J*y cours vite; cette tendre amie, elle doit être d'une inquiétude de ne pas me voir! (n fait quelques pas
pour sortir.)
LA BOUQL'ETIÈRE, voyant une tète de polichinelle, qui sort de la poche de Pantin.
Dites donc, brave homme, v'hï un particulier qui vous sort de la poche; prenez garde de le perdre.
PANTIN
Ah diable ! c'est mon polichinelle, que je viens de faire raccommoder à Paris.
LA BOUQUETIÈRE, montrant la hoite aux marionnettes.
Ah ! c'est donc toi qui demeures là ?
PANTIN
Avec votre permission.
LA BOUQUETIÈRE
Et celle de M. L'Maire, s'entend.
Air : Non, ce n'est pas là la belle.
Mais ta maison est si p'tite
Qu'on n' peut s'r'tourner, Et j' n'irons pas t'rendre visite,
Quand j' voudrons dîner.
Auss' ben dans ta demeure,
D'après ce que j'vois,
On doit trouver à toute heurt* Visage de bois.
Ah ! friponne, tu jettes des pierres dans mon ardin... Tu es bien heureux que ma femme... (revenant.) Ah ! mon Dieu ! et ma dinde que j 'ai laissée sur la vache.
LA BOUQUETIÈRE
Gomment ! une dinde.
Oui, dans une bouriche pour notre dîner. J'vas la chercher tout de suite ; on n'aurait qu'à me l'enlever... au lieu que je suis toujours sûr qu'on me laissera ma femme.