‹ ThéâtreChapitre 194 sur 290 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

ne la connais pas, votre femme ; peignez-la moi un peu.

PANTIN

Oui, ça fait que vous démêlerez mieux... Je vous dirai d'abord.

LE LIÈVRE, voyant la bouriche.

Ah ! ah ! qu'est-ce donc que je vois-là ?

PANTIN

Vous m'y faites penser... c'est une dinde que je voulais vous prier de faire rôtir.

LE LIÈVRE

Très Volontiers, (il ouvre la bouriche. ï PANTIN.

Je vous dirai donc que ma femme chante avec un Turc, ça va peut-être vous mettre sur la voie.

LE LIÈVRE, sortant la dinde.

Oh ! si c'est ça, je l'ai vue ; elle est ici.

PANTIN

Eh Lien ! comment la trouvez- vous?

LE LIÈVRE, croyant qu*il parle de la dinde.

C'est une belle bête.

PANTIN

Qui?

LE LIÈVRE

Nous la ferons rôtir, n'est-ce pas ?

PANTIN

Bien entendu; n'est-il pas vrai quelle chante bien?

LE LIÈVRE

Quand elle sera farcie et remplie de marrons, ce sera bien autre chose.

PANTIN

Elle a pensé entrer à l'Opéra.

LE LIÈVRE

Aimez-vous les bardes ?

Non, non.

LE LIÈVRE

Alors tout bonnement; mais vous mangerez autre chose avec ça ?

PANTIN

Oui, j'ai apporté une langue que voici.

LE LIÈVRE, prenant la langue.

Donnez, donnez.

PANTIN

C'est assez nous amuser à la moutarde... 11 faut que je vous quitte pour le secret que je viens de vous confier. Surveillez ma femme; moi, je m'en vais parler au jeune homme: vous savez que je n'ai pas ma langue dans ma poche.

LE LIÈVRE

Parbleu ! puisqu'elle est dans la mienne.

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