‹ ThéâtreChapitre 200 sur 290 · SCENE XYIII · texte numérisé non relu

SCENE XYIII

PANTIN, à rirt-

Si je pouvais les entendre sans être vu... Entrons chez moi.

(l\ entre dans le théâtre des marionnettes.) PINSON.

A propos, belle enfant, avez-vous été porter votre plainte contre moi au commissaire de police de la commune de Sceaux ?

ROSSIGNOLETTE.

J'allais y aller, quand je me suis dit : mais ce jeune homme a peut-être bu?

Ah! bu...

ROSSIGNOLETTE.

Et on ne sait pas ce qu'on fait quand on est dans le vin.

PINSON

Eh bien! oui, petite ensorceleuse, j'étais ivre... mais des charmes dont la nature vous fit don.

ROSSIGNOLETTE.

Fi donc !

Comment, fi donc'- vous ne savez donc pas que vous êtes bien, trop bien pour être ce que vous êtes.

ROSSIGNOLETTE.

Ah !

PINSON

Parce qu'on n'est pas faite pour chanter des chansons, quand on est faite pour enchanter.

PANTIN, à part.

Il l'amadoue, elle va prendre feu.

PINSON

Et s'il m'était permis, dis-je, de vous offrir un sort plus digne de vous.

PANTIN, montrant sa tète dans la baraque.

Quel rôle joue-je ici ?

ROSSIGNOLETTE, minaudant.

Mais ça ne peut pas nuire.

PINSON

Il se pourrait... vous pourriez... il serait possible.

ROSSIGNOLETTE, à part.

Si le commissaire pouvait venir !

PINSON

Oserai-je vous prier, intéressante amazone, d'achever ma défaite par les sons mélodieux de cette voix dont tout Sceaux raffolle.

ROSSIGNOLETTE.

Je ferai tout pour vous plaire, excepté ce que vous me demandez.

PINSON

Mais pourquoi"?

ROSSIGNOLETTE.

Parce que...

PINSON

S'il n'y avait que ça qui vous en empêche, ou si c'est la crainte de chanter seule, je vous accompagnerai.

ROSSIGNOLETTE.

Où donc ?

PINSON, sortant un mirliton.

Ici, avec cet instrument champêtre sur lequel, par parenthèses, je vous prie de jeter les yeux.

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