DUMONT, HENRIETTE
Ainsi, mon enfant, je te le répète, quoi qu'en dise cet original, tu n'auras pas d'autre mari que ton Eugène, dont tout le monde m'a fait au Havre le plus grand éloge.
HENRIETTE
Oh! j'en étais bien sûre, mon père.
DUMOXT.
Ah! bien sûre... tu n'osais pourtant pas trop me questionner tout à l'heure.
HENRIETTE
C'est qu'il y a tant de jaloux, tant de méchantes langues !
Allons, je vois que tu aimes encore ton Eugène autant que. quand je suis parti.
HENRIETTE
Ah ! mon père, ce ne serait pas à vous à me le reprocher. Permettez-moi de vous rappeler les circonstances.
Air : Non, je ne veux aimer que toi (de M. Pjrtosa .
Le premier jour qu'il vint chez nous
Sa gaîté vous parut aimable,
Son maintien noble, son air doux,
Et son esprit fort agréable ;
Ses talents surent vous charmer.
Son ton modeste sut vous plaire,
Pouvais-je donc ne pas l'aimer
Il était aimé de mon père ?
Bientôt après vint un moment Où ses yeux me dirent : Je t'aime ; Et moi, je ne sais trop comment Mes yeux le lui dirent de même.
Les vôtres, de ces feux naissants Virent les progrès sans colère :
D.'vais-je donc, à dix-sept ans, M'en alarmer plus que mon peu: .'
Jaloux défaire mon bonheur, Et satisfait du cœur d Eugène, Vous daignez couronner l'ardeur Qui l'un vers l'autre nous entraîne; A vos vœux je me soumettrai.
Et puisque Eugène a su vous plaire, Dès demain je l'épouserai Pour faire plaisir à mon père.
DUMONT
Voilà une résignation dont je te sais bien bon gré;