‹ ThéâtreChapitre 240 sur 290 · SCENE XXII · texte numérisé non relu

SCENE XXII

Les précédents, sans-gène.

SANS-GÈNE

Tout va bien, mon ami, je viens de chez le notaire^ qui a mis sur-le-champ toute son étude à la besogne.

DUMONT

De chez le notaire! il l'a fait comme il l'avait dit... Latreille^ vite mon cheval au cabriolet.

2a 0 MONSIEUR SANS-GÈNE

LATREILLE, entrant par la porte latérale, et sortant par celle du fond.

Oui, not'maitre.

DUMONT, apercevant son habit sur le dos de Sans-Gène.

Ah çà niais, je ne me trompe pas, c'est un de mes habits.

SANS-GÊNE

Oui, j'étais très pressé tout à l'heure, et n'ayant pas le mien sous la main.

HENRIETTE

C'est bien naturel.

DUMONT

Allons, je vois que décidément ma maison, mon vin, ma table, et jusqu'à mes habits, tout appartient à Monsieur.

SANS-GÈNE

Tu te fâches.

DUMONT

Oui, Monsieur, je nie fâche.

SANS-GÊNE

Ah! mon pauvre Dumont! nous différons bien l'un de l'autre.

DUMONT, à part.

Fort heureusement.

SANS-GÊNE

Car, tel que tu ma vois, je donnerais tout ce que je possède pour avoir demain cinquaute mille livres de rente, et pourquoi? pour les partager avec toi.

Eh ! mon Dieu ! je n'en veux pas tant ; et tout ce que je désire, c'est que vous vouliez bien me laisser maître chez moi.

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