SCENE XIV
^e théâtre représente une grande chambre à coucher ; dans le fond on voit des lits, comme dans un dortoir.
C'est bien, tout est en ordre. Pendant que mon frère est allé présider à d'autres mariages, je fais ici ma besogne; il est vraiment bien heureux d'avoir un aide-de-camp tel que moi.
Ain :
Nos époux vont se rendre ici, Brûlants des flammes conjugales, Et grâces à mes soins, voici Toutes les couches nuptiales; J'ai su du dortoir que voilà, Faire tous les lits pour mon frère ; Mais je lui devais bien cela, J'ai fait si souvent le contraire.
Je ne puis m'empêcher de rire, quand je pense à la terreur panique qui va s'emparer de mes burlesques Danaïdes; j'ai écrit au seigneur Pluton par une de mes colombes, pour le prier de seconder ma vengeance en secondant mon espièglerie, et s'il y consent... mais
Sa réponse tarde bien. (Un bras sort de sous terre, et lui remet
un billet écrit sur du papier rouge.) Eh que diable, arrive donc ! lisons vite, (il iit.)« Mon cher Amour, je suis jovial tout comme un autre quand je trouve l'occasion de rire, et comme elle n'est pas très commune chez moi, je saisis avec empressement celle que vous m'offrez ; mon enfer et tons mes diables sont à votre service.
heureux de pouvoir vous prouver que je suis et serai pour la vie le plus chau<l de vos amis.
a Pluton . »
Ah ! nous sommes des bons !
« Post script h m. Je suis sensible à l'intérêt que vous prenez à ma santé; nous nous portons tous ici comme des anges. »
Fort bien ! mais je vois nos bons hommes de maris. Ah ! bon dieu ! comme ils baillent : tant mieux ! ils seront plus tôt endormis. Les voici, cachons-nous un instant.