SCENE II
Plus d'une foi?, sur mon passage, J'ai vu s'empresser les amauts, Ils parlent tous de mariage, Mais je réponds à ces galants :
Messieurs, gardez votre constance, Je garderai mon lait, mon âne et lespérance.
YICTOR1NE.
Vous ne voulez donc pas vous marier?
JEANNETTE
Quand ou veut entrer eu ménage, Plus d'un parti s'offre et nous plaît; Mais moi, je suis prudente et sage, Avant tout, je veux voir complet, Le trésor que, dès mon enfance, Ont commencé mou lait, mon àue et l'espérance.
Et le petit trésor n'est pas encore complet ?
JEANNETTE
A peu près.
YICTORINE.
Et nous avons déjà quelqu'un en vue?
JEANNETTE, regardant au cartel de Saint-Remy.
A peu près.
SAINT-REMY, à part.
Je crois qu'elle m'a regardé.
(On entend sonner huit heures.) VICTORINE.
Ah! mon dieu !... voilà l'heure de votre jeune écolière.
JEANNETTE, vivement.
Une jeune écoliére !
SAIXT-REMY.
De huit ans.
JEANNETTE
Ah ! tant mieux !
VICTORINE, à son frèr.î.
Allons, va donc ! va donc !
Adieu. Jeannette.
JEANNETTE
Bien votre servante, M. Saint-Remy.
Ali ça! ma sœur, si M. Vautour monte, pendant mon absence, reçois-le de manière...
VICTORINE
Tu en parles à ton aise.
Ce maudit marchand de tabac me guette de sa boutique, et attend toujours, pour monter, que je sois descendu. Adieu, Jeannette, (a part.) Elle est charmante.