‹ ThéâtreChapitre 51 sur 290 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

C'est mal à vous, je vous le dis très ferme, D'être venus ainsi loger chez moi.

Quand on n'a pas de quoi payer son terme, 11 faut avoir une maison à soi.

VICTORINK.

Ah ! pardon, Monsieur, j'oubliais... avez-vous déjeuné?

VAUTOUR

Je n'ai pas le temps de manger, quand j'ai de l'argent à recevoir. C'est donc pour vous dire que je n'ai faim qu'après ma récolte.

VICTORIXE, offrant à M. Vautour des œufs frais sur une assiette.

Air: Jeunes filles, jeunes garçons.

Ne refusez pas la moitié D'un déjeûuer simple et modeste, Cette offre, je vous le proteste, Vous est faite par l'amitié.

VAUTOUR

Ce doux mot me provoque :

J'aimerais mieux du bœuf ; Mais le régal est neuf, Et j'accepte votre œuf A la coque.

VICTORINE, à part.

Il s'adoucit.

VAUTOUU, prenant un ϝf,

(A part.) Qu'elle est intéressante ! (H se brûle.) Un coquetier, je vous en prie. (A part.) Je bride pour elle.

VICTORINE, donnant un coquetier-

Tenez, Monsieur,

Auriez-vous quelques mouillettes ?

YICTORINE.

En voici.

VAUTOUR, mangeant l'œuf.

Qu'il est cruel de traduire par-devant les tribunaux ce qu'on aime.

VICT0R1NE

Ciel ! quel est donc votre dessein ?

VAUTOUR

C'est donc pour vous dire...

YICTORINE.

Quoi donc ?

VAUTOUR

Ce que vous venez d'entendre.

YICTORINE.

Vous pourriez ?...

VAUTOUR

Ingrate! c'est vous qui l'aurez voulu.

YICTORINE.

Attendez le retour de mon frère... peut-âtre...

Ah! bien oui, votre frère ! il fait bon lui demander de l'argent... pour qu'il me casse, comme au terme de Pâques, quelque instrument ur les épaules. J'ai encore la marque de ses liâtes dans les jambes.

YICTORINE.

Je voudrais pouvoir vous dédommager.

VAUTOUR

Il ne tient qu'à vous, veuillez-le.

YICTORI.NE.

En vous aimant, n'est ce pas?

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