SCÈNE XV
SAINT REMY, VICTORINE, VAUTOUR, dans la bi-
bliothèque.
Comment! mon ami, tu n'as donc pu rien vendre?
Rien. Us ne sont pas connaisseurs; ils m'ont bien offert six cents francs de ce tableau, payables dans trois mois ; mais c'est de l'argent comptant qu'il me faut. Mes créanciers vont revenir. Allons, Sénèque et Gicéron, rentrez dans ma bibliothèque. Que vois-je ? les scellés chez moi! Encore un trait de cet infernal Vautour. Si j'en croyais ma colère...
VAUTOUR
Hai ! hai! hai !
Oui, je descends chez lui, et si je le rencontre...
VAUTOUR
Ron ! bon ! qu'il descende.
SAINT-REMY, en allant pour accrocher le tableau qu'il a ?ous le bras n'aperçoit pas celui de Victorine.
Mais où est donc ton portrait?
VAUTOUR, à part.
Ah 1 mon Dieu !
V1CTOR1NE.
Mon ami, c'est qu'il est venu un amateur...
Et tU l'aurais Vendu? (Il va poser les livres sur la table.) VAUTOUR, bas à Yicte-rine.
Dites que oui.
Un sac d'argent !... serait-ce le prix ?
VICTOR I NE
Ah ! mon Dieu, non, c'est à M. Vautour.
Vautour!... Il est donc ici?
VAUTOUR, bas.
Dites que non.
V1CTORINE.
Non, mon frère.
Ah! je devine... G'estlui qui a acheté ton portrait... Mais il me le rendra.
VAUTOUR,' bas.
Dites que oui.
Et tu l'as laissé pour une bagatelle comme cela?
VAUTOUR, à part.
Une bagatelle... mille écus !
SAINT-REMY, apercevaat l'étiquette
Ah! diable! trois mille francs 1
Air : le lendemain
Un pareil trait m'étonne De la part de ce Vautour