‹ ThéâtreChapitre 91 sur 290 · PAILLASSE, PIERROT · texte numérisé non relu

PAILLASSE, PIERROT

PAILLASSE

Est-il dedans avec toute sa science? l'cher bailli, prendre ce pauvre diable pour un Esturgeon!

PIERROT

Il faut convenir aussi que je lui avons accommodé la figure de manière à dérouter le plus fin. Gilles a inventé la barbe et la perruque de verdure, je n' dis pas non; mais la queue? hein ! j'espère qu'elle sort de ma tête.

PAILLASSE

Laisse-moi donc tranquille; à quoi ça servirait-il, si j' n'avais pas trouvé Y moyen de l'attacher dans le baquet, et surtout de l'empêcher de parler, grâce à c'te ficelle qui aboutit à son menton, et à l'aide de laquelle je lui fais plonger la tête dans la lessive... je lui défie bien de sonner mot sans ma permission.

CADET, derrière la tapisserie.

Dites donc, vous autres, me laisserez-vous encore tremper longtemps? est-ce que vous voulez que je devienne grenouille?

PAILLASSE

Ah ! j'vois bien qu't'as soif, tu vas boire.

PIERROT

Oui, oui, un p'tit gargarisme; aussi bien, v'ià la foire qui commence.

(Ils rentrent derrière la tapisserie, et pendant les couplets, Gilles accroche dehors le tableau de l'Esturgeon.)

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