ACTE I
LE BARON
Vous avez raison, mon oncle, je suis coupable... si c'est être coupable que de céder ii l'entraînement de son cœur... J'avais vingt- cinq ans, et...
LE MARQUIS
Mais il y a longtemps que tu ne les a plus tes vingt-cinq ans, et l'entraînement de ton cœur t'a conduit un peu loin... C'est joli une passion, mais cela ne dure pas dix ans...
Aussi cette longue séparation a-t-elle eu pour cause un motif plus grave, mon oncle. Après deux ans d'absence, j'allais revenir, quand une faillite m'enleva la presque totalité de ma fortune... tout entière aux colonies, vous le savez... Ruiné, n'ayant plus pour vivre que les biens de ma femme, mon retour semblait alors conseillé par la misère; je reculai devant cette honte, et je résolus de refaire ma fortune perdue... Je réalisai le peu qui me restait, je mis fis colon...
LE MARQUIS, l'interrompant.
Planteur de sucre!... marchand de café... Un Méran!... pourquoi pas épicier, tout de suite ? avec ton blason pour enseigne.
LE BARON
J'avais quitté mon nom... et le baron Chatenay de Méran n'était plus que le citoyen Chatenay. Il y a deux jours seulement que j'ai repris mon titre, après avoir vu le roi, qui veut bien me retenir en France...
LE MARQUIS
Par ma foi ! il faut bien que je te pardonne... (Us se lèvent.) Et autant que tu sois près de ta femme, cela me sera plus commode pour te sermonner... Je t'aurai sous la main.
LE BARON
Oui, mon bon oncle, et nous ne nous quitterons plus.
lE MARQUIS.
Allons, nous pourrons faire encore quelques petits soupers; je ne suis jamais plus moral qu'entre deux seaux de vin do
24 l.i: HETOCR DU MAHI
ClKampagne — car j'esprro que tu reviens en mari de bon jiofil, et que tu auras rélégance de vivre... en j-'arçon dans Ion nouveau niénaye.