ACTI-: JI
LA UAHOMNE, soupirant. •
Oui, monsieur de Méran s'efl'orce de rachelci' ses loils \)dv mille soins affectueux, j'en conviens; c'est le calme, mais je regrette les orages.
LE MARQUIS
Et qui sait, ma chère? vous êtes encore jeunes tous deux, vous vous êtes aimés, l'amour revient parfois aux cœurs qu'il a visités, comme l'hirondelle h son ancien nid.
LA BARONNE
Oh ! mon oncle, il est trop tard, et nous sommes condamnés à l'indiflerence.
LE MARQUIS
Après tout, est-ce un mal? L'amour est souvent un meul)le incommode en ménage.
LE DOMESTIQUE, à la porte de gnuclie.
Monsieur le haron demande si madame veut bien le recevoir?
LA BARONNE
Priez d'entrer.
LE MARQUIS
Diable ! il y met des formes.
. SCÈNE II LE MAHULIS, LE BAROiN, LA BAHOPSiNE. (ue Baron
entre par li gauche et va respeclueu-cmeot prendre la main de la Baronne, restc'e assise à droite.)
LA BARONNE
bien que y\ voie une délicatesse dont je vous sais gré, monsieur, il me paraît superflu que vous vous fassiez annoncer chez vous.
LE BARON
Je vous remercie de ce reproche, madame, mais il n'est que midi, et ma visite eût pu vous paraître un peu trop maritale.
42 LE RETOUR Dl MARI
LA BARONNE
Monsieur...
LE MARQLIS.
On n'est pas plus discret, ma parole d'honneur!
LE BARON
Je viens, du reste, vous annoncer une nouvelle qui, je l'espère, vous plaira. Dans trois jours vous habiterez l'hôtel où vous êtes née.
Lhùtel Valory?
LE BARON
Je viens de l'acheter; je me suis rappelé qu'autrefois vous y attachiez de doux souvenirs, vous regrettiez les grands ombrages et les pelouses vertes du jardin où vous jouiez enfant : j'ai voulu vous rendre ces souvenirs.
LE MARQUIS
Oh! oh! vous le voyez, ma chère, il n'y a rien de tel que les raccommodements pour ramener les ilouces lueurs des lunes de miell Vnus voilà en plein renouveau, et nous Unirons par nous féliciter de ce t|u'il ait eouru dix ans après la fortune !
LE BARON
Ah! mon oncle! je la donnerais tout entière, cette fortune, jKJur racheter ce qu'elle m'a fait perdre.