‹ ThéâtreChapitre 122 sur 292 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LA BARONNE

Votre tille m'a tout d'abord gagné le cœur, monsieur, j'ai donc peu de mérite à cet accueil.

LE BARON

Vous êtes bonne !

LE M ARQUI Sj qui s est asfis à gauche^ près de la lable.

A propos, ma chère, je vous annonce, pour ce matin, la visite de Yalonne... C'est encore un citoyen d'Amérique, nous l'avons vu autrefois à Londres, vous le rappelez-vous?

LA BARONNE

A grand'peine. N'est-il pas un peu notre parent?

LE BARON

Oui, sa mère était une Ripert.

LA BARONNE

C'était un original, autant qu'il m'en souvient.

LE MARQUIS, tenant un journal.

Oh! il l'est toujours... Il a la manie de raconter des histoires qui n'en finissent jamais.

LE BARON, debout devant la cbemine'e.

Il était enfant quand son père se réfugia aux États-Unis, et son éducation a été des plus bizarres. Catholique, il allait au prêche ,• royaliste, il assistait aux hustings ; et il s'est fait dans sa tête un mélange désolant des principes les plus contraires. Resté sans fortune à la mort de son père, il s'était fait maître d'armes, le seul état, disait-il, dans lequel on ne dérogeât pas.

Maître d'armes ?

LE BARON, revenant eu scène.

Oui ; c'estj du reste, le plus excellent cœur et l'ami le plus dévoué, malgré son caractère exalté et changeant... 11 s'était pris d'une grande passion pour ma fille. Cela dura huit jours, au bout desquels il me demanda sa main... pour un de ses amis.

LE MARQUIS

Quel drôle de corps! — Mais, je ne la vois pas, ta fille; ou se cache donc cette jeune farouche?

4i LE nETOl 1\ DU MARI

LA BARONNE, inùiitranl la dioilc.

Elle est là, dans ma chaïubro; elle essaye sa robe de bal.

LE HAROX.

Ah! c'est vrai! elle fait, ce soir, son entrée dans le monde.

LA BARONNE

Elle veut vous surprendre dans ses atours. Elle sera superbe. (Elle se lève.) Je vais volr si elle est prête, et je vous

l'amène. (Elle son par U droite.)

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