ACTE II
CONTRAN.
Chez vous?
LE BARON
Il faut que je vous explique rétonnement du comte, madame. Il ne me connaissait encore que sous le nom que je portais aux États-Unis.
LA BARONNE
Oui, oui, celui de... Cliatenay, et non celui de Moran.
CONTRAN, atterré.
Vous êtes monsieur de Méran?...
Oui, mon cher Contran. Ignorant si je resterais en Europe, je voulais y garder l'incognito, et vous me pardonnerez ime discrétion que des raisons puissantes m'imposaient.
CONTRAN.
Monsieur le haron...
LE BARON
Nous avons quitté Vienne à l'improviste, et vous croyant encore à Munich, je vous ai écrit hier pour vous apprendre notre arrivée à Paris.
LA BARONNE, avec intention, prenant Andre'e par la main et la faisant passer près de Contran,
Vous connaissez mademoiselle de Chaulieu, n'est-ce pas, monsieur le comte?
CONTRAN.
J'ai cet honneur, madame.
ANDRÉE, fjisaul la révérence.
Quant à moi, monsieur le comte, je suis toujours ce que j'étais à Vienne.
LE BARON
Eh! j'espère bien qu'un titre ajouté à mon nom ne changera rien entre nous.
CONTRAN.
Vous me comblez, monsieur le baron.
LA BARONNE, avec un sourire forcé.
Je suis charmée, monsieur le comte, d'être la cause d'une
aussi heureuse rencontre... il y ;i lu [lour tous... une aimable surprise.
CONTRAN.
Je vous en rends mille grâces, madame.
LA BARONNE
Avez-vous quelque bonne nouvelle à nous annoncer... au sujet... de la mission que vous sollicitez?
CONTRAN.
J'ai tout lieu de croire que je serai nommé, madame.
LA BARONNE
Alors, vous partirez bientôt... pour l'Allemayne ?
CONTRAN.
Oui, madame. (Andrée passe à droite, près de son père.)
LE BARON
Vous partez?
CONTRAN.
J'ai demandé le poste de premier secrétaire de l'ambassade de Vienne, monsieur le baron.
LE BARON
Oïl ! j'espère mieux pour vous.. . sans que vous quittiez Paris.
LA BARONNE, regardaut Contran en face.
A moins, pourtant, que monsieur le comte... n'ait des motifs sérieux... pour s'éloigner.
CONTRAN.
J'ai des motifs également sérieux... pour rester ou pour partir, madame. Je suis dans un de ces moments de la vie... où tout l'avenir est engagé sur une détermination.
LA BARONNE
Et... vous hésitez?
CONTRAN.
Oui... je l'avoue, madame.
LA BARONNE
Ah!...
LE BARON
Je conçois votre hésilaliun; nous sommes au commencement d'un nouveau règne, et votre carrière politique dépend tout