ACTE II
LIRMAY.
Oh I tais-toi ! tais-toi !... tu m'épouvantes !
RENÉE
J'ai été bien plus épouvantée que vous, moi, tout à l'heure, quand tout à coup j'ai vu surgir devant moi ces droits que mon orgueil méconnaissait ! Je me suis trouvée bien petite, quand on a opposé à mon amour coupable, Tamour sacré d'une épouse. J'ai senti mon néant, car sa cause s'appelle la famille!... La mienne... la mienne n'a qu'un nom... queje n'ose pas dire.
LIRMAY.
Renée ! tu te calomnies.
RENÉE
Trouvez-moi donc un nom que je puisse répondre pour me justifier?
Oh! l'imprudent payera cher les larmes qu'il te fait verser !...
RENÉE
Je ne le veux pas !... Par grâce!... n'ajoutez pr.s à mes torts.
LIRMAY.
Alors ne parlons plus de séparation.
RENEE, avec une sombre dclcrniination.
11 le faut.
LIRMAY.
Comment, lu consentirais à m'abandonner ?
RENÉE
Je le dois.
LIRMAY.
Mais c'est impossible I . . . Réfléchis donc I . . .
RENÉE
Oh ! j'ai réfléchi, je ne saurais plus vivre ainsi.
LIRMAY, (l'un Ion amer.
En vérité, Renée, vous semblez chercher un prétexte. Ces scrupules sont tardifs, ma chère, qui vous arrivent le jour où l'on vous apprend ma ruine...
Comment ?
LIRMAY.
Oui, je peux tout croire! les avertissements de Robert ne vous ont trouvée que trop bien préparée à uneruiiture; qui sait si vous ne la désiriez pas au fond du cœur ?
RENÉE, aUcrréc.
Vous m'insultez!... Oh!... vous!... vous!...
LIRMAY, éperdu.
Pardon, Renée, pardon, mais à la pensée de te perdre, je deviens fou... pardonne moi...
RENÉE
Ah ! je suis descendue bien bas ! et je ne puis plus me faire d'illusion, quand, vous-même, vous avez le droit de me traiter ainsi!
LIRMAY, l'imploraiil.
Renée ! Renée !