‹ ThéâtreChapitre 270 sur 292 · ACTE III i · texte numérisé non relu

ACTE III i

ment, il y a cette maudite réalité qui vient à chaque instant troubler les romans les mieux arrangés.

L IRMA Y

Que voulez-vous dire ?

ROBERT, toujours souriant et Irés-amicalemciU.

Je laisse de côté la morale prêcheuse. Vous êtes amoureux, c'est votre affaire!... Mais entre nous, cher beau-père... il y a dans la vie des questions matérielles... auxquelles il faut toujours en arriver. Répondez-moi franchement... si, entraîné par une passion invincible, je dissipais ma fortune et celle de votre tille, quel serait votre devoir... hein?... De me faire séparer de biens... de me donner un joli conseil judiciaire.

L IRMA Y, devenant sérieux.

Ah çà! Robert, vous oubliez à qui vous parlez!... Mais moi, j'agirais comme père et comme chef de famille.

ROBERT

Jen« l'oublie pas... Mais enfin, si vous êtes père de famille je le serai bientôt, moi ; cela m'oblige à sauvegarder nos intérêts communs... et j'en veux causer avec vous.

LIRMAY.

Nos intérêts communs?.. Vous avez reçu une dot... je ne vous dois rien que je sache.

ROBERT, d'un ton plaisant.

"C'est vrai!... Seulement, il y a une chose qui vous échappe... A l'heure qu'il est, moi, je redois à votre succession une partie de cette dot.

LIRMAY;

Comment cela?

lOS LA SECONDE JEUNESSE

ROBERT

C'est fort clair... J'ai reçu trois cent mille francs^ et 'si vous vous ruinez entièrement... je devrai les rendre à vos héritiers... Comprenez-vous?

LIRM A V; scviromciU.

Je ne comprends pas encore où vous voulez en venir... Me demanderiez-vous des comptes^ par hasard?

ROBERT

Dieu m'en garde! ce serait insensé, cher beau-père. Vous avez disposé de ce qui vous appartenait, cela ne regarde personne. Mais entre nous... aous avez le cœur trèsjeune... vous aimerez longtemps... je crois qu'il serait utile de mettre à l'abri... la fortune de ma belle-mère.

LIRM.W, d'un Imi iniic.

Mettre à l'abri la fortune de votre belle-mère?... Mais vous êlestou!... .\uriez-vous la prétention... de me retirer la gestion de mes biens?

ROBERT, soupirint, le sourire sur les lèvres.

S'il le fallait absolument...

LIRM.VV.

Quoi ! vous oseriez me faire un procès scandaleux?

OIH quelle idée!... Je m'adresse à vous pour arranger cela.

Lin MA V. s'cmporlaiil.

Comment! vous me demandez à moi d'abdiquer ma digniti', mon autorité?... que je me mette en tutelle. ..-que je me déshonore?...

AGTK m iO'J

ROBERT

Mais vous exagérez les choses... Ne vous lâchez pas !...

LIRMAYj se calmanl avec pciiio.

Ah ! teneZj Robert, ce langage est tellement étrange... que je ne veux pas le prendre au sérieux... Je vois ce qui se cache derrière ces misérables questions d'argent... A cela... je veux bien répondre... Je comprends comme vous la nécessité d'en finir avec cet égarement déplorable... Mais vous connaissez ma situation vis-à-vis de Renée...

ROBERT, flcgmatiquement.

Ah ! votre situation est difficile, je ne le nie pas.

LIRMAY.

Eh bien ! je dois en sortir en galant homme... Vous venez me parler de vos droits, d'alTaires d'argent... c'est une plaisanterie; que diable ! mon cher... vous n'allez pas me faire interdire!... Vous savez bien que j'aime ceux que vous voulez défendre contre moi... Il me faut du temps pour cette rupture... je vous promets...

ROBERT

Ah! cœur faible! que de fois vous avez parlé ainsi. La vérité vous apparaît et vous reculez devant elle ! il en sera toujours de même... Vous aimez.

LIRMAY.

Eh bien ! oui, j'aime ! laissez-moi m'habituer à cette horrible pensée d'une séparation... un jour viendra... où je pourrai... Non, non, je ne peux pas... je ne veux pas feindre un courage qui est au-dessus de mes forces!... mais ce que vous' me demandez est impossible!... Jamais je n'y consentirai.

ROBERT, iranquilleiticnt.

Ah ! je conçois que la résignation est pénible et je vous

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plains... Parbleu! on gaspille ses belles années, mais quand vient la seeonde jeunesse, on récononiise.— Eh! mon Dieu ! je serai peut être comme vous un jour!... Dans ce cas-là... je me souhaite un gendre comme moi, qui remplisse, comme moi, un devoir -rigoureux, mais utile.

LIKMAY, furieux.

Vous oseriez ?

non EUT.

Il le faudra bien.

LIllM.W.

Robert... prenez garde à ce que vous allez faire!...

ROBERT, avec negnic.

Pardonnez-moi, mais j'y suis forcé... C'est un devoir... je vous jure que cela me désuie, ce n'est pas dans mon caractère... Est-ce étonnant que cela tombe sur moi?... Mais enlin je le ferai... et vous m'en remercierez plus tard...

LIRMAY.

Ah! c'est trop longtemps abuser de ma patience!... Unissons...

ROBERT, sans s'émouvoir.

Comme il vous plaira!., vous réiléchirez !

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