‹ ThéâtreChapitre 281 sur 292 · ACTE IV 12o · texte numérisé non relu

ACTE IV 12o

généreuses, l'abnégation; heureux, tu as accepté ta part de mon mallieiii' (^t tu ne nvas pas fait une (incsTh ii.

.lUMKX.

J"ai craint ..

RENÉE

Tuas craint de me faire rougir.

JULIEN

Renée...

RENÉE

Ah ! tu (lois me mépriser !

JULIEN

Non, et quand le monde entier serait là pour t'accuser, je te défendrais. Je connais ton cœur, tu étais née pour la vertu.

RENÉE

Oh oui ! je te le jure, et je ressens autant d'étonnement que de honte en songeant à ce que j'ai fait. Je ne cherche pas à me justifier... mais je t'assure que j'ai vécu deux ans... sans avoir conscience de ma situation ; on avait si Jjien perverti mes idées sur le monde, et sur tout, que quand la réalité cruelle, implacable, s'est toutàcoup dressée devant moi... il m'a fallu rétlécliir... pour comprendre ce (lue j'étais devenue.

Pauvre Renée !

RENÉE

Tu me plains... je suis bien coupable, mais j'étais seule dans le monde, je n'avais pas de mère. I/esprit plein de ces rêves de liberté, d'indépendance que fait éclore l'esclavage d'un trouvent... j'étais folle!... cette curiosité delà vie, ces désirs de bonheur qui n©us viennent à vingt ans, tout m'attirait... Enfin, que te dirai-je... Ma faute est dans ce mot... 11 m'a manqué une mère, une protection.

JULIEN, vivomenl.

Tais-toi !... Car cette protection qui t'a manquée... je te la devais, moi.

RENÉE

Ta t'accuses?

JULIEN

Oui;, je m'accuse... J'aurais dû travailler au jour le jour, soulfrir la misère et la faim près de toi, plu lût que de t'a bandonner. Mais je te voulais riche !... J'aurais dû prévoir les dangers auxquels t'exposaient la jeunesse, ton isolement !... Mais je te voulais riche...

RENÉE

Pauvre Julien ! .. Tu te condamnes pour m'absoudre.

JULIEN

Je dis vrai... Tu m'étais léguée par ta mère, mon devoir était de te défendre, de veiller sur toi comme un père... pardonne-moi de ne l'avoir pas fait.

RENÉE, avec elTiision.

Mon ami, mon frère, te pardonner, moi!... Ah ! liens, en te voyant si bon... je pleure enfin sur mon malheur. (Pleurant.) Tu ïiQ me méprlses pas?... Tu m'aimes encore?... Oh ! merci !

JULIEN, gravement.

Renée '... Je te rendrai le bonheur, dùt-il m'en coûter la vie, je te le promets.

RENÉE

Le bonheur !... Ah! pauvre être dévoué, iln'en est plus pour moi, que dans ton amitié...

JULIEN

Pourtant...

RENÉE, avec découragement.

Tu ne peux pas effacer mes souvenirs.

JULIEN, avec une grande licsilalion.

Mais... si celui... que tu aimes...

RENÉE, vivcmeiil.

Julien... je t'en supplie!... ne me parle jamais de lui, ni de ce passé odieux...

.TULIEN.

Mais... Renée...

RENÉE

Épargne-moi, ne m'interroge pas... je ne puis rien le dire.

MADAME RENAUD, entrant.

Que voulez-vous, madame ?

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