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ACTE II

souvent le blâme. Mais l'avenir est là, et chacun d'eux répond, par la pureté de sa vie, aux calomnies du passé. L'un n'a i)lus droit à la considéralion de l'autre, et celui qui lunilje n'entraîne pas celui qui s'élève.

iiF.Nni.

Mais l'infant qui reste entre eux, l'enfant que la séparation ne cclie pas?...

DANIEL

Oui, tu as raison ; là est le véritable malheur de ces

situations. Qu'importe que deux époux se séparent,

- qu'ils soient fous ou sages ; ils vont où ils croient que

le bonheur les appelle. Mais l'enfant les suit du regard,

malheur alors à celui que ce regard fait rougir!...

HENRI

Mais, 1 ère, elle est ici, tu vas la voir.

DANIEL

Qui?

HENRI

La F... ma mère. ,

DANIEL

Eh bien, mon enfant, je la verrai, voilà tout. Tu l'as vue?

HENItl.

Oui.

DAN lEL.

Ah !

HENRI

Écoute, père, tu ne doutes pas de mon cœur, n'est-ce pas, tu sais que je t'aimerai toujours? laisse-moi te faire une confcssi'^n...

DANIEL

Voyons celte confession.

HENRI

Grâce à toi, je ne me suis jamais aperçu qae je n'a-

vais pas ma mère, je ne l'ai même jamais désirée; eU bien ! ce que lu m'as dit hier m'a impressionné. Est-ce la voix du sang? je ne sais ; mais il y a dans ce mot de mère un charme si doux et si pénétrant, qu'à sa vue, tout à l'heure, je me sentais troublé. L'aimé-je?... je l'ignore, mais je me sens attiré vers elle...

DAM EL

Je le cuniprends, mon enfant.

HENRI, avec cbaleur, prenant la miiin de Daniel.

Depuis que je la connais, je t'aime plus encore, et si je le dis cela, c'est parce que je te dis toutes mes pensées, que je sais que tu me croiras.

DANIEL

Et tu fais bien. Hier, dans le premier moment, j'ai peut-êlre cédé à un sentiment de jalousie... que lu comprendras quand lu seras père, mais c'est passé, et je te ferais injure en doutant de toi.

HENRI

Maintenant... que me conseilles-tu?

DANIEL

Écoute ton cœur et ta raison. Si jusqu'à ce jour je ne t'ai pas parlé de ta mère, c'est que je n'ai pas voulu prévenir ton esprit, afin de te laisser ton libre arbitre quand lu la rencontrerais. Ton conseil, mon enfant, il

est là. (il louclie le cuur du Henri.)

HENRI, souriant.

Tu n'as pas peui?

DANIEL, do même.

Je ne crains rien, je suis brave.

HENRI

Biais, père, puis-je la voir?

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