SCÈNE XI GOMRAN, LE BARON
LE BARON
Enfin, vous voilà, mon cher Contran; j'ai des reproches à vous faire.
Je suis confus de mériter ces reproches, monsieur. .l'ai été pris par mille soins ennuyeux... par des sollicitations...
LE BARON
Ne cherchez pas de prétextes, mon ami; je vous ai deviné, et je vous en veux d'autant plus de ce manque de confiance, qui vous a éloigné de nous, que j'avais besoin d'un ;nni.
CONTRAN.
Que dilt's-vuus, monsieur? Avez-vou-j jiu douter de mon dévoilement?
LE IIARON.
Non, Contran, je n'en ai pas douté, et, frappé tout à l'heure par un cmel clia^-rin, c'est à vous que j'ai pensé pour m'aider à le supporter ou à l'éloigner, s'il se peut.
CONTRAN.
Parlez, monsieur le baron, et comptez sur moi.
LE IIARON.
Merci... h votre amitié, mon cher Contran; mais ce chagrin est de ceux qu'on ne peut confier... (ju'à un fils... Me comprenez-vous?
CONTRAN, avec embarrai.
.Monsieur... croyez... (Andiéc cnUe par la droite.)
LE llAHON.
Ne me répondez pas!... (prenam An<ir(!c pir la main.) Tenez, voici .\iidn''f, qui, «(immc indi, C(iiin;iil la iimsc de votre éldii/nomt-nt, — Il f^t de ns si rupules d'iioniièles gens qu'il t:iul
laisser à l'amour le soin de combattre. C'est à elle que vous répondrez, et que vous résisterez, si vous l'osez.
ANDRÉE
Mon bon père !
LE BARON
Je vous laisse, et dans un instant, vous me direz si je puis me confier... à mon fils.
CONTRAN, lui prenant la main, avpc chaleur.
Ah! monsieur!
LE BARON
A bientôt ! (ll sort par la droite.)