ACTE IV
DUCHATEAU.
Tenez, vous avez raison, et je vous remercie de m'encouratrcr. Sans périphrases j'arrive au but.
Je vous écoute.
DUCHATEAU.
Depuis hier, mon ami, j'ai beaucoup réfléchi à la confidence que vous m'avez faite, et je vous avoue que j'en suis de plus en plus troublé. Si votre femme était restée loin de Paris, je n'aurais pas songé un instant à modifier nos projets; mais j'en appelle à vous-même: croyezvous que cette situation, à laquelle voire célébrité à tous deux donne un caractère si romanesque, puisse rester longtemps ignorée, quand vous êtes ici l'un près de l'autre ?
DANIEL
Je n'ose l'espérer.
DUCHATEAU.
Vous le savez, mon cher, nous autres hommes politiques, nous habitonsune maison de verre, et cinquante journalistes écoutent aux portes, regardent aux fenêtres,
DANIEL
Oui, c'est vrai.
DUCHATEAU.
Eh bien, cela m'effraye. La Fiammina est une artiste d'un grand talent, sans doute, mais... elle est au théâtre; elle vit séparée de son mari, dans des relations... Enfin, cela m'eflraye. Voyez, Henri a déjà eu ime affaire; je souffrirais moi-même d'entendre sur la bellemère de ma fille des propos...
DANIEL
Je le conçois très-bien, mon ami ; votre position vous impose une extrême réserve, je le sais, et je déplore que
nous soyons obligés de saciifier le b mbeur de nos cnfanls.
DUCIIATEAU.
Ah! ne me dites pas de ces mo!s-là, mon ami, vous me désolez ; mais, la main sur la conscience, répondezmoi : Si vous étiez à ma place, que feiiez-vous?
DAMEL
Je tiendrais probablement votre langage. Nous subissons, mon fils et moi, les conséquences d'une situation à laquelle nous ne pouvons rien. Donnez-moi la main et résignons-nous.
DLCll ATKAC.
Ah! la résignation est cruelle!
DANIEL, aprrt an nleoott
Vous parlez pour l'iialie ?
DUCIIATEAU.
Oui, celte semaine sans plus tarder. 11 faut séparer nos enfants pour quelque temps... Peuh! à leur âge un oublie vite, n'est-ce pas?
DANIEL
Uui, qucliiuofois.