ACTE
LE MARQtlS, l'embrassant.
Bonjour, chère enfant.
LA BARONNE
Vous voici donc enûn! qu'il me tardait de vous voir arriver!
LE MARQUIS
Pas plus qu'à moi. Deux mois sans vous voir, moi, qui ne vous ai jamais quittée ! J'ai trouvé votre mot en descendant de ma chaise de poste, et j'accours : dites que je ne suis pas un oncle galant.
LA BARONNE
Vous êtes charmant!..... mais.... vous êtes seul?... je croyais...
LE MARQUIS
Ah! oui, Contran était là, il est parti il y a un instant.
LA BARONNE
Ah! mais pourtant...
LE MARQUIS
Une affaire... chez.le ministre... Enfin, me voici, moi, tout à vous Vous voyez la diligence que l'on fait pour vous voir. Arrivé depuis une demi-heure, je vous attends depuis vingt minutes.
LA BARONNE
J'étais près de Madame Royale; j'avais déjà peur que vous lie fussiez pas arrivé.
LE MARQUIS
Ail ça, qu'y a-t-il donc?... Et quelle est cette affaire urgente qui me réclame au débotté?
Il est à Paris, mon oncle.
LE MARQUIS
Qui?
LA BARONNE
Mon mari!...
LE MARQUIS
Méran?
LA UARO.N>E.
Oui.
LE MARQUIS
Ah! il n'a qu'à se bien tenir, je le chapitrerai de la. bonne façon... Vous l'avez vu?
LA BARONNE
Non, pas encore, mais je vais le voir.
LE MARQIIS.
Après tout, il pouvait arriver un pire nialiieur, et il fallait s'attendre à celui-là. Quelle étrange fantaisie de faire de la sorte le revenant !
LA BARONNE
N'est-ce pas, mon oncle?
LE MARQUIS
Mais enlin, que nous importe qu'il haljilo le vieux niouilc nu le nouveau, Paris ou Pékin, la terre ou la lune? Il y a prescription, que diable !
LA BARONNE
Mais vous ne savez donc rien?
LE MARQUIS, galammetl.
El que saurais-je, sinon que vous êtes toute belle ?
LA BARONNE
Vous n'avez pas reçu à Londres ma dernière lettre, alors, ipii vous eût tout expliqué?
LE MARQUIS
Nonî... elle sera arrivée après mon départ.
LA BARONNE
Ah! je comprends le flegme pliilosoplii(|ue avec leiiucl V(jiis accueillez la nouvelle du retour de iikhi mari... Il revient... rn mari, près de moi...