‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 147 sur 216 · PIERRE, ROGER · texte numérisé non relu

PIERRE, ROGER

Après avoir écouté quelques minutes la sérénade.

PIERRE Listel a beau blaguer, ça n'est vraiment pas mal.

ROGER C'est même très bien.

PIERRE

Votre amie à la fenêtre est d'un joli effet: elle a une robe de clair de lune. Ah! elle est très allurale, très branchée, très racée... et puis Venise lui va très bien, M™^ de Moldère est de ces femmes pour lesquelles les ville de luxe et de volupté sont leurs vrais cadres. Regardez si elle n'a pas l'air d'une dogaresse!

Votre amie aussi est charmante.

PIERRE

Je vous remercie... elle est gentille... c'est une bonne petite fille. Mais vous, vous êtes très amoureux... ça se voit.

ROGER C'est vrai?

PIERRE

Plutôt... et vous avez raison. Venise, voyez-vous, est une ville de passion: c'est une ville pour les lunes de miel ou pour les ruptures ; mais il ne faut pas y apporter, comme moi, un amour calme et même résigné.

ROGER Pourquoi y êtes-vous venu?

PIERRE, désig-nant Juliette à la fenêtre. C'est elle qui a voulu.

ROGER

Elle croyait sans doute que Venise conserve les liaisons malades, comme Menton conserve les poitrinaires.

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