ACTE PREMIER
nom d'archipel ou de constellation. Voulez-vous que nous en lisions quelques-uns avant mon départ?
MICHEL Volontiers.
MONSIEUR AUBIER
Ah! cette Madame de Chouzé, jusqu'au dernier moment il faut qu'elle travaille.
HENRIETTE Le travail... c'est encore ce qu'on a inventé de mieux.
MONSIEUR AUBIER
Après la chasse... ma chère enfant, je vous dis adieu... je vais prendre mon fusil et faire un tour sur le plateau... je verrai peut-être quelques perdreaux... Oh! j'en verrai sûrement, mais ils ne se laissent plus approcher.
HENRIETTE Écoutez! ils ont bien raison, mettez-vous à leur place.
MADAME AUBIER
Comment, tu vas encore chasser, Jules? tu as déjà chassé ce matin, tu dois être fatigué.
MONSIEUR AUBIER Moi, fatigué? jamais fatigué!
HENRIETTE
Vous allez encore tuer de pauvres bêtes. Quelle horreur!
MONSIEUR AUBIER Que voulez-vous?
L'ONCLE EMILE
Moi, Madame, j'ai des goûts moins sanguinaires: je m'en vais pêcher à la ligne, c'est une innocente manie.
HENRIETTE
Mais ne croyez donc pas ça! Alors, vous avez décidé que les poissons ne souffrent pas, parce qu'ils ne crient pas? mais ils n'en souffrent peut-être que davantage.
L'ONCLE EMILE
C'est vrai, les grandes douleurs sont muettes. Enfin, j'ai une excuse: c'est en péchant à la ligne que les idées me viennent. Ce matin, j'ai composé toute une scène de mon drame.
HENRIETTE
Ah! bravo! Vous me lirez ça, j'espère.
L'ONCLE EMILE Vous êtes trop aimable.
MONSIEUR AUBIER
Allons, au revoir, Madame, mes hommages, je vous prie, à M. de Chouzé, et j'espère que l'année prochaine vous reviendrez... cette fois avec lui.
Oui, oui, l'année prochaine, sûrement.
LE CAPITAINE
Père, je vais avec toi... Alors, Madame, je vous dis au revoir.
HENRIETTE
Au revoir, capitame, et sans rancune, n'est-ce pas?