ACTE DEUXIÈME «B
Et la cuirasse d'or dans ma vue ont frappé, Et vous me soutenez que je me suis trompé! Non, non, pour un de ceux qui coururent la bague Je l'ai bien reconnu.
Il va ouvrir la porte de sa chambre.
Non, non, je ne divague Point.
Il revient près d'Armande qui demeure immobile dans le corridor sombre.
Eh bien, dites-moi ce que vous attendez? N'allez- vous pas, ce soir, vous coucher? Répondez.
ARMANDE
Je ne rentrerai pas. Je n'ai pas le courage De m' enfermer avec un homme plein de rage.
MOLIÈRE
Allons, voyons, rentrez, et sans faire du bruit.
ARMANDE
Non, non, vous dis-je.
MOLIÈRE
Où comptez vous passer la nuit ?
ARMANDE
N'importe où... pas avec vous, c'est chose certaine.
MOLIÈRE, haussant les épaules.
N'importe où!
Sans mentir, je n'ai que de la haine Pour vous... je ne puis plus vivre avec un jaloux, Un malhonnête, un brusque, un méchant comme vous. Bonsoir!
Elle passe devant lui.
MOLIÈRE, l'arrêtant.
Armande !
A RM AN DE, m décapant.
Non. non, laissez-moi tranquille!
MOLIÈRE
Écoutez-moi.
ARM AN DE
Je vous dis que c'est inutile I
MOI 1ÈRE
Enfin! pourtant, je veux; savoir où vous couchez!
ARMANDE, Ironique.
C'est trop juste... je vais coucher à côté, chez La Bejart.
MOLIÈRE
Mais qu'allez- vous dire à Madeleine?
ARM AN DE
De ce que je dirai, ne soyez pas en peine. Bonsoir!
MOLIÈRE
Ne prenez pas de ces airs impudents :
Allons! c'en est assez... et rentrez là dedans.
II La prend par le bras et la pousse vers leur chambre. Elle se dégaga* court vers la chambre, de Madeleine, et donne du pied dans le chevalier étendu.