ACTE DEUXIEME
ARMANDE, qui sVst assise sur un loflVe à habits.
Surtout ne criez pas. S'il faut qu'on vous le dise, .
On ne peut avec vous avoir pleine franchise,
Le moindre amusement devient crime à vos yeux.
MOLIÈRE
C'est entendu, je suis un tyran odieu.\.
ARMAXDE.
Et votre jalousie, en cet instant, se fonde
Sur la chose la plus innocente du monde;
Vous en conviendrez vous-même, de bonne foi :
Toutes quatre, Béjart, Du Parc, De Brie et moi,
Nous allions rentrer, quand nous fûmes abordées
Par deux cavaliers, et par eux persuadées
(Ils s'étaient adressés d'abord à la Du Parc,)
De nous laisser conduire en cet endroit du parc
D'où nous pourrions mieux voir ce spectacle magique.
Nous les avons suivis, ce n'est pas bien tragique.
MOLIÈRE
Ensuite?
ARMAXDE.
.Mors, n'ayez pas cet air courroucé. Xous avons regardé, causé...
MOLIÈRE
Dansé...
ARMANDE
Dansé Une chaconne.
Elle fredonne l'air de la chaconne.
MOLIÈRE
L'air est inutile... Ensuite?
Et pour des la la la vous n'en êtes pas quitte.
ARMAXDE.
Ensuite? Je ne puis vous dire à quel mompnt Les autres sont partis, ai pourquoi, ni comment.
J'étais fort occupée à voir tous ces costumes,
Je me trouvai soudain seule avec... l'homme à plumes.
MOLIÈRE
11 fallait...
ARMANDE
Attendez! j'ai voulu m'en aller; Tout à coup j'ai senti mes jambes chanceler!... Un étourdissement... un malaise... obligée De... de m' asseoir là... dont je fus bien affligée.
MOLIÈRE
Pas tant que moi... la peste!...
Oh! c'est passé, merci; Je vais mieux maintenant... n'ayez plus de souci.
MOLIÈRE
Tout de bon, pensez- vous m' éblouir de ce leurre? Cet étourdissement qui dura plus d'une heure Est une invention de votre esprit subtil. Et le marquis, peudant ce temps, que faisait- il?
ARMANDE
Il me parlait théâtre.
MOLIÈRE
Ah çà, vous vous...
ARMANDE
Il n'aime Que le théâtre... il y va très souvent, et même...
MOLIÈRE. __
A d'autres! Parliez- vous de théâtre avec lui, Lorsque soudain à mon approche il s'est enfui?
ARMANDE
Il partait.