‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 156 sur 203 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MADEMOISELLE DE BHIK.

Mais dites- vous cela seulement par devoir?

MOLIÈRE

Par devoir?

MADEMOISELLE DE BRIE

Je veux dire, enfin, par politesse.

MOLIÈRE

Vraiment vous montrez là trop de délicatesse; Je vous l'assure, j'ai grand plaisir à vous voir. Nous avons causé si gentiment l'autre soir. Mais j'ai tant de soucis, il faut qu'on me pardonne : Vous êtes indulgente, et douce, et tendre, et bonne.

MADEMOISELLE DE BRIE, avec un soupir.

Oui, je suis tout cela; mais vous ne m'aimez pas! Vous rencontrez en moi de complaisants appas; Mais je sais quelle ardeur passagère est la vôtre. Moi, vous me caressez... rarement; mais c'est l'autre Que vous aimez toujours, et ses traits rigoureux. Loin de vous rebuter, vous font plus amoureux. Alors, dans tout cela, je suis la bonne bête, Docile, facile, imbécile, toujours pri'te. C'est commode pour vous... vous m'avez sous la main, Dans votre troupe; mais, par un hasard, demain, Que votre bien-aimée Armande vous revienne, Vous me sacrifierez, pauvre comédienne.

Un petit silence.

Après tout vous pensez : « C'est qu'elle le veut bien. » N'est-ce pas?

MOLIÈRE, qui n'écoutait plus.

Quoi donc? Oui... non... je ne pense rien.

Sur ces derniers mots, la servante est entrée

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