‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 165 sur 203 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

MOLIÈRE

J'ai souvent remarqué qu'après les grandes crues De la Seine, on avait des chaleurs incongrues. (*7) L'été sera très sec.

ARMANDE

Très sec en vérité?

LA GRANGE

Bien du monde s'en va... les gens de qualité Partent pour la campagne.

MOLIÈRE

Ah! les bords de la Seine Doivent être plus frais.

LA GRANGE

Il faut que j'entre en scène.

A un gagiste qui se trouve sur la porte.

Vous, surtout, songez à préparer le fauteuil.

MOLIÈRE, joyeux, a Armande.

Ce soir, nous souperons dans le jardin d'Auteuil, (48) Et nous aurons, après cette lourde journée, Une amoureuse nuit... une nuit fortunée. Je t'aime!

Il veut rembrasser.

Ce soir, vous me direz votre amour; Faites attention... c'est bientôt votre tour.

MOLIÈRE

Oui, petit nez, avant d'entrer dans la fournaise, Sur tes yeux adorés il faut que je te baise.

ARMANDE

Vous êtes fou.

MOLIÈRE

De toi.

ARMANDE

Soyez donc sérieux :

On peut venir, et si l'on nous voyait...

MOLIÈRE

Tant mieux !

Sur la porte qui communique avec la scène.

J'y pense... il se pourrait bien que Monsieur Corneille

Vint aujourd'hui pour voir ce qui se passe. Il veille

A ce que, sans languir, on reprenne Psyché,

Et la dernière fois, il se montra fâché.

S'il t'en parle, il te faut par de bonnes paroles

L'adoucir, lui conter d'aimables fariboles,

Gomme tu le sais faire. Il sera trop heureux

De se laisser convaincre, étant fort amoureux.

Et, apercevant Corneille par la porte vitrée.

Le voici, je me sauve.

Il est sorti ; Corneille entre.

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