‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 17 sur 203 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

elle est très malade. Tenez, regardez-le, il rit, il est content.

FARGIS, qui est survenu.

Houbrun, c'est un apache! Ce n'est pas des coups de crayon qu'il donne, c'est des coups de couteau. Il i i pourtant d'une famille où les hommes furent gahmts. N'y a-t-il pas eu un Houbrun-Cahors qui, trompé par sa maîtresse et voulant se suicider, demanda à l'infidèle, avant de se jeter d'un quatrième étage, dans la rue : — Ça ne vous incommode pas, madame, qu'on ouvre la fenêtre un instant ? — L'anecdote est célèbre, dans le Lot.

MADAME TAS^ELIN.

Il est certain que Houbrun est moins galant.

HOUBRUN.

Mais, madame, ce n'est pas ma faute; c'est votre mari qui me demande pour son journal, le Caton, que ce soit féroce; le public aime ça : plus c'est féroce, plus il est content.

ADRIEN NE

C'est égal, pour les hommes, ça n'a pas d'importance; mais vous devriez épargner les femmes.

JACQUES LATRILLE.

Eh bien, moi. je ne déteste pas qu'on montre aux femmes, de temps en temps, combien leur beauté est chose fragile et conventionnelle, et tout ce que le plus joli visage peut contenir de stupidité et de bestialité; il faut en finir une fois pour toutes avec la femme Idole, la femme Déesse, la femme Maîtresse, la Femme avec un grand F.

FARGIS

Ah! voilà bien la jeune génération. Je doute que l'amour vous fasse jamais faire de grandes choses, à vous, jeune homme.

JACQUES LATRILLE.

L'amour ne consiste pas à faire de grandes choses, monsieur Fargis, mais une seule chose et à la faire simplement, sans chichi, sans phrases surtout, c'est très mauvais. L'amour est une chose simple, un désir suivi d'un acte bref et le voilà ramené à ses justes proportions; tout le reste est littérature.

ADRIENNE

Pourtant, le sentiment...

JACQUES LATRILLE.

Taisez-vous donc, le sentiment est une forme de sadisme.

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