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SCÈNE IV ARMANDE, BARON

BARON

Qu'est-ce qu'il a?... Je lui trouve l'air d'un bizarre. L'avez- vous donc traité d'une façon barbare?

ARMANDE

Au contraire.

BARON

On eût dit qu'il souffrait mille morts.

ARMANDE

Non, ce qui le tourmente ainsi, c'est le remords.

BARON

Le remords?

ARMANDE

Il se croit une âme très perverse.

Le pauvre cher grand homme, un rien lui bouleverse L'esprit. Figurez-vous, tout à l'heure, en causant, II nous a soupçonnés... oh! c'est très amusant!...

BARON

Il nous a soupçonnés?...

ACTF QUATRIÈME 297

AHMANDE.

1 >'•" tre fort bien ensemble.

BARON

Voyez un peu de quoi l'on se m" le!

ARMANDE

Il me semble.

BARON

Dieu me damne ! ce vieux tragique est inouï.

ARMANDE

Mais je l'ai relevé de sentinelle.

BARON

,Ah oui.

ARMANDE

Et, maintenant, il croit, grâce à mon stratagème, Que Molière est jaloux de Corneille que j'aime. L'amitié d'un côté, de l'autre mes appas, Il se livre en son cœur d'effroyables combats! Il est délicieux... tellement Louis treize : Toujours, autour du col, on lui cherche une fraise.

BARON, parodiant les stances du Cid.

« Oui, ce sont de rudes combats !

atre son amitié, son amour s'intéresse.

Conserver un ami, c'est perdre une maîtresse. « L'un lui ferme son cœur, si l'autre ouvre ses bras; « Lt, dans le triste choix d'étouffer cette llamme « Ou de vivre en infâme, « Des deux côtés son mal est infini.

« Ah! peine singulière, « Puisque Molière, hélas! est son ami « Et qu'Armande est;la femme de Molière. »

ARMANDE, qui t'amuse beaucoup.

Ah! que vous me plaisez.

Apparaît la Beaural sortant de scène, dans le costume de Zcrbinetle

Chut! voici la Beauval.

Il faut nous bien tenir, car elle voit du mal Partout.

BARON

Partout!

j ARMANDE.

Elle est méchante! Je parie Que je ne lui dis pas bonjour, sans qu'elle rie. Sous le prétexte qu'au théâtre elle rit bien, A la ville, sans cesse, elle rit pour un rien.

BARON

Oui, c'est fort agaçant.

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