‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 183 sur 203 · ACTE QUATRIÈME 3l · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME 3l

BARON

Oui, deux femmes, et deux parmi les plus huppées.

ARMAND E

Oh! mais je vois qui c'est : deux franches ripopées! Dans une loge, à droite... Oh! mais je les connais.

BARON

Tant mieux!

ARMANDE

Vos belles ont blanchi sous le harnais.

BARON

Las! nous blanchirons tous.

ARMANDE

Vous aimez la noblesse, Mais vous ne tenez pas beaucoup à la jeunesse; C'est de votre âge.

BARON

Oui, moi. je les trouve très bien.

Et puis, je ne suis qu'un pauvre comédien, Il me faut tout connaître, aimer dans le beau monde; Mon destin est d'aller de la brune à la blonde.

ARMANDE

Ah! vous ne vous piquez pas de fidélité

BARON

Tandis que c'est chez vous la grande qualité.

ARMANDE

Vous êtes toujours à regarder dans les loges.

BARON

Mais vos regards jamais n'y cherchent des éloges.

ARMANDE

Quel plaisant violon j'avais pris pour amant.

BARON

De ce violon-là vous jouiez couramment.

ARMANDE

Vous ne serez jamais gêné par un cœur tendre.

BARON

Nous nous ressemblons trop pour pouvoir nous entendre.

ARMANDE

Vous me dégoûtez... vous n'êtes qu'une catin!

BARON

Pas plus que vous!

ARMANDE, furieuse.

Voilà qui n'est pas bien certain.

Avez- vous oublié qu'un soir, dans Mélicerte, Vous reçûtes de moi certaine gifle?

BARON, la narguant.

Ah! certe :

C'était déjà l'amour... elle venait du cœur.

ARMANDE

Elle venait du cœur? Eh bien, voilà sa sœur.

Elle lève la main, Baron l'arrête.

BARON

Madame '

Mais ils aperçoivent Molière qui était là, depuis un moment; ils poussent un cri.

ARMANDE et BARON.

Ah!

MOLIÈRE, terriblement calme.

Qu'est-ce donc?... vous manquez votre entrée.

ARMANDE

Pas possible...

MOLIÈRE

Si fait... vous semblez effarée...

Et violent, soudain :

Qu'attendez- vous?... Gourez!

Armande et Baron sortent en courant. Il reste seul et tombe accablé sur un sièye.

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