‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 192 sur 203 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

MOLIÈRE

Pourquoi? Le sage doit toujours envisager La possibilité d'un enfant étranger; De ce Baron, Armande est fort embéguinée... Elle ne m'a rien dit pour la nouvelle année, Ce matin.

MADELEINE

Quoi? Baron!

MOLIÈRE

Vous ne le saviez pas?

MADELEINE

Non.

MOLIÈRE

Vous êtes la seule et l'unique en ce cas.

MADELEINE

Depuis des mois, vivant ici très loin du monde, Je demeure dans une ignorance profonde De ces choses là... Vous avez dû bien souffrir.

MOLIÈRE

Je crois que là- dessus on ne peut enchérir.

MADELEINE

Baron! votre élève. Ah! l'ingratitude étrange! Il vous doit ce qu'il est.

MOLIÈRE

Je lui dois, en échange, Ce que je suis.

MADELEINE

Comment pouvez- vous plaisanter?

MOLIÈRE

On ne peut pas toujours non plus se lamenter... Quand on est malheureux, il faut que cela serve Dans mon métier... alors... alors, je les observe.

MADELEINE

Comment?

MOLIÈRE

Mais oui, ce sont de curieux amants :

Brouille, amoureux dépit, pleurs, raccommodements, Ils me fourniraient ma scène quotidienne. C'est le comédien et la comédienne, Deux êtres séduisants de luxe et de plaisir, Et ne souffrant aucun obstacle à leur désir. (6fi) Baron, surtout, ne peut supporter qu'on le gêne; Il est très infidèle, Armande morigène... Enfin, je crois qu'il lui fait voir bien du pays. Maintes fois ils se sont brouillés, repris, haïs, Raimés. Bref, ils me font l'effet de duellistes.

Sur ces derniers mots, Armande est entrôe. ARMANDE.

Ça commence.

MOLIÈRE

Quoi donc?

ARMANDE

Messieurs les machinistes Viennent vous présenter leurs souhaits et leurs vœux.

MOLIÈRE

C'est bien, restez ici... Je descends auprès d'eux.

Il sort.

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