ACTE DEUXIÈME
LE HAZAY.
Et il ae la lâche pas.
FARCIS
C'est la synthèse du café-concert! Et la bouche, c'est admirable... et l'œil, c'est fait avec un point; un accent pour le sourcil et ça y est... Houbrun? il a du u'énie, qu'on ne s'y trompe pas!... et pas rosse pour un sou... un cœur d'or.
Et pondant que Fargis et Le Hua; regardent l'album : SANDRAL, à N-lly.
Es-tu contente?
KELLY
De quoi?
SVNDRAL.
Mais ce caoutchouc artificiel... ce sera une affaire colossale.
NELLY
Oh ! encore une nouvelle affaire... pourquoi? est-ce que nous ne sommes pas assez riches?
SANDRAL.
On n'est jamais assez riche.
NELLY
Quand tu gagneras encore quelques millions, à quoi te servira-t-il?
SANDRAL.
Mais à te faire des cadeaux, ma chérie... à acheter
les belles choses, j'aime les belles choses... préfères-tu
e soit les Américains qui se les payent? enfin il
faut bien combler les vides que peuvent faire dans ma
caisse certaines affaires comme celles des Mines de la
Dordogne.
NELLY
Tu as eu tort de donner ces actions à ce petit Bayanne.
SANDRAL.
Puisqu'elles ne valent plus rien.
Il n'a pas besoin de savoir que ça t'est égal de perdre cinq cent mille francs.
SANDRAL.
Mais ça ne m'est pas égal... seulement, je ne me lamente pas.
NELLY
Enfin, lui, il gagne cent cinquante francs par mois.
SANDRAL.
Est-ce qu'il se plaint ?
NELLY
Non, mais il a des yeux et des oreilles; il entend, il observe.
SANDRAL.
Eh bien?
NELLY
Eh bien, il y a des choses qu'il n'a pas besoin de savoir, qui sont démoralisantes.
SANDRAL.
Si tu crois qu'il ne sait pas à quoi s'en tenir.
NELLY
Enfin, ce n'est pas à toi à compléter son éducation dans ce sens... il est chez toi, chez nous dans des conditions spéciales... ce n'est pas un employé ordinaire, un rouage indifférent... nous avons charge d'âme.
Oh ! charge d'âme, qu'est-ce que tu vas chercher là?
NELLY
Comment l'expliquer ça? Je cause souvent avec lui : dans les premiers temps qu'il était ici, ses étonnements à propos de tout m'amusaient; bientôt, ils m'ont fait réfléchir... ù chaque instant, sans s'en douter, il me donne des leçons et sa naïveté, comme certains rayons, mWlaire les réalités.
SANDRAL.
Oh ! je ne vais pourtant pas changer mes façons de pailer et d'agir, modifier mon existence, parce que ce garçon est chez moi. D'abord c'est toi qui l'as fait entrer ici, c'est toi qui m'as prié de le prendre auprès de moi comme secrétaire intime... tu voulais le débrouiller, lui faire connaître la vie...
LE DOMESTIQUE, annonce.
Madame est servie.
SANDRAL.
Tu vois... je ne le lui fais pas dire. Allons! à table... je meurs de faim... Le Hazay, offrez votre bras à ma femme.
Et l'on se dirisre vers la salle ù maDsrer.
KlDEAU.