ACTE PREMIER
CLAUDINE
Huit ans ! c'est un bail !^
xMADAME J AMINE.
Oui, de sorte que ma pauvre amie est bien triste; d'abord parce qu'elle avait beaucoup d'affection pour Ledouillard... et puis, enfin, elle perd sa situation, n'estce pas? Oh! il s'est en allé très honorablement.... il a assuré l'avenir de l'enfant.
CLAUDINE
Ah ! il y a un enfant ! c'est une fille, un garçon?
MADAME J AMI NE
Un garçon.
CLAUDINE
Tant mieux, c'est toujours plus facile à caser; d'ailleurs, Ledouillard a dû bien faire les choses... il est très généreux !
MADAME J AMINE
Certainement... mais admettons qu'il ait laissé cinq cent mille francs, ce n'est pas la fortune : on ne va pas loin avec ça par le temps qui court.
CLAUDINE
Ah! non, on ne va pas loin!...
MADAME JAMINE.
Et comment va M. de Uuyseux ?
CLAUDINE
Mais très bien, je vous remercie.
MADAME JAMINE.
Je pensais le voir aujourd'hui.
CLAUDINE
Non, il avait à faire à son comité.
MADABTE JAMINE.
Il s'occupe toujours beaucoup de politique?
CLAUDINE
Toujours. Et vous, ma petite Henriette, êtes- vous conteate?
MADAME JAMINE.
Vous ne savez donc pae^ ce qui m'est arrivé ?
CLAUDINE
Non... quoi donc?
M AD MIE JAMINE-
Mais j'ai perdu mon ami...
Philippe?
MADAME JAMINE.
Oui.
CLAUDINE
Comment, perdu ? Il vous a quittée ? Il s'est marié ?"
MADAME JAMINE.
Non, perdu... perdu... enfm il est mort.
CLAUDINE
Oh ! ma pauvre petite !
MADAME JAMINE.
Comment ! vous ne le saviez pasc?
CLAUDINE
Mais non... je ne sais rien, je vis très retirée, je vois si peu de monde. Tout à l'heure, quand je vous ai vue arriver en deuil, je n'ai pas osé vous demander...
^*' ♦ MADAME JAMINE.
Vous n'avez donè pas reçu de lettre?...
CLAUDINE
Pas la moindre... sans cela, vous pensez bien...