MADAME LE FORMAI
Et VOUS savez, c'est la vraie campagne, à une heure et demie de Paris
MADAME SUREAU
C'est charmant.
GOTTE
C'est surtout très commode... nos amis peuvent de temps en temps nous faire le plaisir de venir dîner avec nous et repartir le soir même.
MADAME SUREAU
Vous êtes mille fois aimable. Et vous, madame, c'est la première fois, je crois, que vous venez de ces côtés-ci?
MADAME LEFORMAH.
Oui, les autres années, ma fille Hélène allait dans le Limousin où ce pauvre Ardan avait de grandes propriétés, et M. Leformah et moi, nous passions une moitié de l'été au Tréport et l'autre à Chatou; mais après le drame terrible qui est arrivé, nous avons éprouvé le besoin de nous réunir, de nous resserrer... et nous sommes venus avec Hélène nous installer auprès de son amie... Ma fille et Gotte s'aiment beaucoup... elles ont été élevées pour ainsi dire ensemble.
MADAME SUREAU
Oui, oui, je sais... En effet, c'est plus gai pour ^f me Ardan.
MADAME LEFORMAH.
Et puis, en deuil comme nous le sommes, nous n'aurions pas pu recevoir... tandis que chez les des Trembles qui n'ont pas les mêmes raisons, il y a toujours un peu de monde. C'est une distraction pour ma pauvre petite.
MADAME SUREAU
Vous n'habitez pas loin d'ici?