‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 209 sur 237 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

elle le trompe! A un moment, elle faisait une telle noce, qu'on croyait qu'elle allait y rester... Alors on l'a envoyée à Menton, et Damornay lui écrivait tous les jours des lettres de quatre pages pleines d'exhortations paternelles, et elle lui renvoyait des dépêches : Zizi bien sage, ou : La petite fille s'est couchée à neuf heures.

A>'TONIA

C'est insensé!

LISTEL. -

Insensé. Madame, je vous dis au revoir... (a Madame Danoiejais.) Madame, (a Roger.) Au revoir, monsieur.

Et quand il est parti :

MADAME DANGLEJAIS.

Il est très amusant, ce monsieur.

AN TON I A

Oui, il sait tout; il connaît tout le monde, (a Roger.) Mais je crois que vous ne l'aimez pas.

ROGER

Non, je ne l'aime pas : c'est le potinier, c'est le monsieur qui accueille toutes les calomnies, qui les colporte complaisamment, sans contrôle. Tous les soirs, en sortant de la Bourse, il va dans les salons, faire chez les gens du monde sa provision de racontars et de cancans; il remplit son cahas qu'il va vider chez des vieilles grues qui, en revanche, vident moralement devant lui leur seau de toilette... J'ai horreur de ces gens-là.

ANTONIA

Vous êtes sévère.

ROGER

Pas encore assez... ne le défendez pas trop; je vous dirai pourquoi tout à l'heure.

Petit silence.

MADAME DANGLEJAIS, se lcv;.nt brusquement.

Au revoir, ma chère amie.

ANTONIA

Au revoir... nous n'avons guère eu le temps de parler aujourd'hui; mais venez donc, je vous en prie, déjeuner avec moi un de ces jours... vous n'aurez qu'à me prévenir par un mot la veille.

MADAME DANGLEJAIS.

C'est entendu.

Elle sort.

Page 1