ACTE DEUXIEME
CLAUDINE
Tu as le nez gelé. Approche-toi do la cheminée et chauffe-toi.
VÉTHEUIL
Chauffe-toi, soldat, chauffe-toi! Oh! le bon feu... comme on est bieniciîTusaisque je viens de reconduire cette bonne Jamine?
CLAUDINE
Oui, oui, je sais. • ,
VÉTHEUIL
Et toi, comment ça va?
CLAUDINE
Ça va très bien.
Ton diner était très bon, très réussi.
CLAUDINE
Ah!
VÉTHEUIL
Qu'est-ce que tu as?
CLAUDINE
Mais rien.
VÉTHEUIL
Si, tu as quelque chose... qu'est-ce qu'il va?
CLAUDINE
Mais rien, je te dis.
VÉTHEUIL
Ah!
CLAUDINE
Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui?
VÉTHEUIL
Ah ! c'est juste. Le petit interrogatoire.
CLAUDINE
Oui, le petit interrogatoire.
VÉTHEUIL
Eh bien ! je me suis levé ce matin à huit heures, je me II. 6
suis rasé, lavé, peigné, je me suis habillé. J'avais mon costume ardoise, avec une cravate écossaise... non,
CLAUDINE
Oh ! je t'en prie, ça n'est pas drôle !
VÉTHEUIL
Ça n'est pas pour être drôle, c'est pour te donner des renseignements exacts, aussi exacts que possible.
CLAUDINE
Je ne ris pas... après?
VÉTHEUIL
Après, je suis sorti. Je suis allé chez Hahn Meyer voir des gravures anciennes qu'on venait de recevoir. Jet'en ai choisi deux, en couleurs, très jolies, avec toutes leurs marges; je les ai fait porter chez l'encadreur. Tu les auras dans une huitaine.
CLAUDINE
Et puis?...
VÉTHEUIL
Oh! il n'y a pas de quoi... Je suis trop heureux... <î'est une bagatelle.
CLAUDINE
Qu'est-ce qui te prend ?
VÉTHEUIL
Ah! je croyais que tu me remerciais. Et puis, je suis allé déjeuner au cercle.
Après?
VÉTHEUIL
Après, je suis allé chez Francueil.
CLAUDINE
Tiens! à quel propos? Je t'avais défendu d'aller chez Francueil.
VÉTHEUIL
. Je sais bien que tu me l'avais défendu, mais j'avais