ACTE CINQUIÈME
GAUDERIC.
Et les femmes? Pourriez-vous me donner quelquesnoms?
RAVIER
Oh! les femmes qui sont ici ont horreur de la publfcité... Elles ne tiennent pas du tout à ce que leur nom soit imprimé dans les feuilles.
GAUDERIC.
Pourtant, ce sont...
RAVIER
Des femmes entretenues... mais une catégorie spéciale de femmes entretenues... elles sont dans unecertaine situation, elles ont des enfants qu'elles prétendent élever aussi bien que dans les plus correctes^ familles. Elles mettent leur coquetterie à ce qu'on ne parle pas d'elles, c'est ce qui les différencie des cocottes.
GAUDERIC.
Et des duchesses. Je vous demandais ça, parce qu'on aime toujours ces petites réclames.
RAVIER
Et c'est absurde! A quoi ça sert-il? Ça ne trompepersonne... entre nous, nous savons bien à quoi nousen tenir quand nous lisons que la belle M"'^ Fromage a chanté comme un ange l'air des Bijoux de Faust ^ ou que M. Le Pinson a fait jouer avec le plus grand succès un acte de sa façon.
GAUDERIC.
Je sais bien, mais c'est de leur snobisme que nousvivons!
RAVIER
Il faut en rir;3.
GAUDERIC.
Il me reste à vous remercier, cher mon^itu'", de votre amabilité.
RAVIER
Mais du tout, trop heureux. Dites-moi, vous ne m'oublierez pas dans votre petit compte rendu de la soirée... Je vais vous donner ma carte... C'est moi qui ai fait la revue que Ton a jouée dernièrement au cercle.
Ils sortent.