‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 130 sur 227 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

CHRISTIANE

Que tu étais allée pour mes stores.

MADAME DEGUINGOIS.

Ah! oui... avec les deux fenêtres et les brise-bise, pour ton salon, ça te coûtera cinq cents francs.

CHRISTIANE

Cinq cents francs!

En fournissant les carrés de filet. Il n'y a pas eu moyen de les avoir à moins. Et je t'assure que j'ai marchandé tant que j'ai pu...

CHRISTIAN E

Je m'en rapporte a toi.

MADAME DEGLINGOIS.

Et ça représentera facilement le double, facilement Tu sais qu'ils les ont trouvés très jolis, mes carrés.

CHRISTIANE

Ils sont ravissants.

MAD.UIE DEGUIXGOIS.

Par exemple je n'en aurai pas assez pour les brisebise... il faut que j'en fasse encore huit.

CHRISTIANE

Ma pauvre maman, je t'en donne du mal; je te remercie, tu sais.

MAD.VME DEGUINGOIS.

Ne parlons pas de ça. Autre chose. Ne m'as-tu pas dit que tu cherchais un valet de chambre?

CHRISTIANE

Oui, en effet, j'en cherche un.

MADAME DEGUINGOIS.

Je m'en suis occupée aussi; on m'a parlé de quelqu'un... C'est un homme très bien... il était chez le baron Vowenberg.

CHP.ISTIANE.

Celui qui vient de se suicider?

MADAME DEGUINGOIS.

Oui.

CHRISTIANE

Oh! alors, je crains bien qu'il ne fasse pas mon affaire... il sort d'une trop grande maison, il aura des exigences. Tu comprends, chez les Vowenberg, il se faisait des profits qu'il ne pourra pas se faire chez nous; il nous considérera comme de trop petites gens, il nous méprisera.

MADAME DEGUINGOIS.

C'est ce qui te trompe... il cherche au contraire une maison simple, sérieuse... Voilà son troisième maître qui se suicide en deux ans, il en a assez.

CHRISTIANE

Dis donc, ça n'est pas rassurant... Il porte la guigne, ce garçon-là.

MADAME DEGUINGOIS.

Et puis, forcément, ton train de maison augmentera... surtout maintenant que ton mari va Otre ministre...

CHRISTIANE

Attends, ce n'est pas encore fait.

MADAME DEGUINGOIS.

On m'a dit tout à l'heure qu'il était nommé aux Travaux publics.

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