‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 147 sur 227 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MADAME DE BÉNAUGE.

Et l'amant, quel mufle !

MADAME DE GRAVIGNY.

Et le mari, quel pleutre!

LE GRAFFIER.

Ah ! comme vous nous connaissez !

MADAME NAIZERONE, se relevant.

Oh! vous, monsieur Le Graffier, on ne vous parle pas... D'abord, vous vous mettez toujours contre les femmes.

LE GRAFFIER.

Oui, madame, tout contre.

Il vient auprès d'elle.

MADAME DE BENAUGE.

Vous l'avez lu, madame Raidzell?

JULIETTE

Non, madame, pas encore.

MADAME CAUGÉ, se relevant.

Lisez-le au plus vite, chère madame. Il y a un chapitre dans l'île du bois de Boulogne... c'est d'une poignance...

Lorsque Antonia est enceinte et qu'elle pleure devant la corbeille d'hortensias. C'est toute la volupté mélancolique de l'automne.

MADAME DE GRA VIGNY

Et les vers qu'elle récite à ce jeune homme qui vient s'asseoir à côté d'elle et qu' elle ne connaît pas.

LE GRAFFIER.

Il devait être épaté, ce jeune homme.

Ui PAHAITRE

MADAME DE BÉNAUGE.

Vois, les hortensias sont comme des cervelles, Des cervelles roses et bleues!

MADAME HURTZ.

Vous les savez par cœur ! Votre mari, madame Raidzell, a fait à cause de cette poésie une musique délicieuse; mais vous la connaissez sans doute.

JULIETTE

Non, madame.

MADAME HIRTZ

Idéale.

JEAN

Je vous en prie.

MADAME DE GRA VIGNY

Ça ne nous étonne pas.

MADAME HURTZ.

Avec les dons qu'il possède, comment ne travaillet-il pas davantage?... Vous devriez, madame, le faire travailler.

JULIETTE

Mais je ne l'en empêche pas... Je ne crois pas, du moins.

MADAME CAUGÉ.

Ce qui me plaît encore dans ce livre, c'est que les personnages épisodiques eux-mêmes y prennent un relief singulier. Il y a, entre autres, une petite femme <jui pleure, parce que son mari veut faire deux lits... elle considère ça comme une injure personnelle... Je ne peux pas vous dire à quel point cette petite bourgeoise amoureuse m'a divertie.

JULIETTE

Vous trouvez ridicule, sans doute, madame, une femme qui aime son mari.

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