SCÈNE IV LE BARON, JEAN, pui. MADAME MARGES
LE BARON
Il ne faut pas le contrarier, mais ça devient inquiétant.
JEAN
l'out cela n'est encore que dans son imagination; mais, quand il y aura commencement d'exécution, il faudra intervenir.
LE BARON
J'ai bien peur que ce ne soit pas loin... à partir d'un certain moment, ça va vite!
JEAN
Pour tout le reste, il est très sensé; mais, quand il s'agit de sa ville... C'est égal, il a dit là des choses...
Madame Marges entre par la baie du jardin. JEAN.
Bonjour, mère.
Bonjour, Jean, (au Baron.) Eh bien, ces journaux, qu'est-ce qu'ils disent?
LE BARON
La réunion a été orageuse... très orageuse même... je n'ai parcouru que L'Intégral, mais il exagère sans doute un peu.
MADAME MARGES
Mon pauvre Paul! tel que je le connais, il a dû passer une soirée terrible.
LE BARON
Oui... Enfin! espérons qu'avant dix-neuf cents ans, les mœurs électorales se seront tout de même adoucies. Vous avez abandonné votre mari?
MADAME MARGES
Je l'ai laissé dans le jardin, à la place où nous étions : il ne dit pas un mot... pas moyen de lui arracher une parole!... Alors, je l'ai laissé, que voulez-vous!... Ah! quand ça finira-t-il? Vous m'aviez pourtant bien promis...
LE BARON
Je vous avais promis de vous le ramener... je vous l'ai ramené... je vous avais demandé quinze jours, il a fallu un mois; mais il est ici, c'est l'essentiel...
MADAME MARGES
Son corps est ici; mais son esprit est toujours ailleurs.